Après les polémiques, le  Festival international de la BD d’Angoulême est annulé. (AP)
Après les polémiques, le Festival international de la BD d’Angoulême est annulé. (AP)

Les organisateurs du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême ont annoncé ce lundi l’annulation de l’édition prévue fin janvier 2026. La décision fait suite à plusieurs semaines de contestation, marquées par des appels publics au boycott et par le retrait progressif de nombreux acteurs du secteur.

Une mobilisation inédite des auteurs et des éditeurs

À l’automne, plus de 2 000 auteurs avaient rejoint un appel collectif dénonçant la gestion interne du festival et les pratiques attribuées à la société en charge de l’événement. Plusieurs créateurs reconnus, dont certains anciens lauréats du Grand Prix, ont annoncé qu’ils ne participeraient pas à l’édition 2026 tant que la gouvernance ne serait pas profondément réformée.

Le mouvement a rapidement gagné les maisons d’édition. Des éditeurs de premier plan ont confirmé leur retrait, estimant que la situation ne permettait plus d’assurer une édition conforme aux attentes du public et de la profession. Le Syndicat national de l’édition a lui aussi considéré que l’organisation de l’événement n’était plus viable dans ces conditions.

Retrait des soutiens publics et arrêt de la production

Les collectivités locales et les financeurs publics, qui assurent près de la moitié du budget du festival, ont successivement annoncé la suspension de leur soutien, demandant à l’entreprise organisatrice de renoncer à l’édition 2026. Face à cette pression croissante, la société 9eArt+ a informé ses partenaires que la production du festival était « mise à l’arrêt », un message perçu comme l’officialisation de l’annulation.

Vers une refonte complète de la gouvernance

L’Association FIBD, propriétaire du festival, a décidé d’exclure la société organisatrice actuelle du prochain appel d’offres et de relancer un nouveau processus de sélection. Un comité de pilotage renouvelé doit être constitué d’ici la fin de l’année afin de définir les bases d’un festival réorganisé. L’objectif est d’instaurer un modèle plus transparent, plus inclusif et davantage respectueux des conditions de travail des créateurs.

Un tournant pour l’avenir du festival

Cette annulation marque l’une des plus importantes crises de l’histoire du FIBD. Pour une partie du secteur, la situation pourrait cependant ouvrir la voie à une refondation en profondeur, avec un festival repensé autour de principes éthiques, d’une gouvernance rénovée et d’un dialogue renforcé avec les auteurs et les éditeurs.

Le devenir de l’édition 2027 dépendra désormais de la capacité de l’organisation à restaurer la confiance et à proposer un nouveau cadre capable de rallier l’ensemble de la profession.

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