Ils incarnaient la rivalité amicale entre deux génies de l’apnée. Trente-sept ans après la sortie du Grand Bleu, Jean Reno et Jean-Marc Barr se sont retrouvés dans un moment chargé d’émotion. C’était sur la scène du Festival International du Film de Comédie de Liège, où Jean Reno recevait le Taureau d’Or pour l’ensemble de sa carrière. Une surprise orchestrée qui a ressuscité la magie du film culte de Luc Besson.
La surprise venue des profondeurs
Alors que la cérémonie semblait toucher à sa fin, les organisateurs ont annoncé un « invité très spécial ». Sous les applaudissements du public, Jean-Marc Barr, 64 ans, a fait son apparition. Les deux acteurs ne s’étaient pas revus depuis des années. « Je suis si heureux de te voir », a murmuré Jean Reno, visiblement ému, avant de prendre son ancien partenaire dans ses bras pour une longue accolade.
Ce moment de pure complicité a ramené le public en 1988, quand Jean Reno incarnait Enzo Molinari face au Jacques Mayol de Jean-Marc Barr. Les deux comédiens ont partagé des souvenirs du tournage, évoquant notamment l’accueil catastrophique du film à Cannes. « Libération avait titré « Le grand plouf », Luc était prêt à sauter par la fenêtre », se souvient Jean-Marc Barr. Avant d’ajouter, philosophe : « Mais le film a remporté un énorme succès en salles, car c’est le spectateur qui a eu le dernier mot. »
Du « grand plouf » au film culte
La soirée liégeoise a réservé une autre surprise avec l’arrivée de Jean-Marie Poiré, le réalisateur des Visiteurs. Une belle manière de souligner la diversité de la carrière de Jean Reno, capable de passer du drame à la comédie avec la même authenticité. D’ailleurs, Jean-Marie Poiré s’est amusé à rappeler les réticences initiales : « On m’avait déconseillé d’enrôler Jean sous prétexte qu’il n’était pas un acteur comique. »
Aujourd’hui, à 77 ans, Jean Reno peut regarder son parcours avec sérénité. Entre les films hollywoodiens et les comédies françaises, l’acteur a su naviguer entre les univers sans jamais renier son identité. La cérémonie de Liège aura permis de mesurer l’étendue d’une carrière hors norme, mais aussi la permanence des amitiés cinématographiques. Trente-sept ans après, la magie du Grand Bleu opère toujours, prouvant que les chefs-d’œuvre, comme les vraies amitiés, ne se noient jamais.