Homayoun Ershadi, héros du « Goût de la cerise », meurt à 78 ans
Homayoun Ershadi, héros du « Goût de la cerise », meurt à 78 ans

Figure devenue planétaire sans passer par les écoles de jeu, Homayoun Ershadi s’est éteint mardi 11 novembre, à 78 ans, des suites d’un cancer. Son décès a été annoncé par l’agence officielle Irna et confirmé dans la foulée par la Maison du cinéma iranienne, qui salue la mémoire d’un artiste majeur du grand écran, de la scène et de la télévision. Sur le réseau X, la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a rendu hommage à « un acteur noble et réfléchi du cinéma iranien », selon son message publié publiquement.

Un visage révélé par Kiarostami, palme d’or 1997

C’est Abbas Kiarostami qui le propulse au premier plan dans Le Goût de la cerise, Palme d’or à Cannes en 1997. Ershadi y incarne un homme au volant, filant dans les collines aux abords de Téhéran à la recherche d’un inconnu prêt, à l’aube, à vérifier s’il est encore en vie et, le cas échéant, à recouvrir son corps. Les interlocuteurs défilent conscrit, ouvrier, homme en quête de travail et reculent devant la demande, jusqu’à la rencontre avec un vieux naturaliste qui accepte la mission tout en tentant d’ouvrir une brèche vers le désir de vivre, convoquant ces minuscules joies qui rattachent au monde. Par son jeu retenu, son regard habité et une sobriété dénuée d’effets, Ershadi imprime au film une gravité douce qui a durablement marqué la cinéphilie.

De l’architecture aux plateaux internationaux

Né en 1947 à Ispahan, il se forme d’abord à l’architecture et exerce le métier avant d’être choisi par Kiarostami. Cette trajectoire singulière débouche sur des propositions venues de l’étranger : Les Cerfs-volants de Kaboul (2007), transposition du roman de Khaled Hosseini, Zero Dark Thirty (2012) de Kathryn Bigelow, puis Un homme très recherché (2014) d’Anton Corbijn, où il donne la réplique dans un récit d’espionnage contemporain. À l’écart des vedettariats tapageurs, il impose une présence calme, faite de nuances, qui a nourri autant le cinéma d’auteur iranien que des productions anglophones.

L’annonce de son décès par Irna et l’hommage immédiatement rendu par la Maison du cinéma iranienne actent la disparition d’un interprète rare, capable de faire tenir une vie entière dans une simple inflexion de voix. Et le message de condoléances publié par la porte-parole du gouvernement sur X entérine ce que les spectateurs savaient déjà : derrière ce « non-professionnel » devenu acteur par rencontre, il y avait un artisan de l’émotion juste, dont le visage restera à jamais associé aux routes poussiéreuses du Goût de la cerise.

Que retenir rapidement ?

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