Un violon rarissime de Guarneri del Gesù bientôt en vente chez Artcurial
Un violon rarissime de Guarneri del Gesù bientôt en vente chez Artcurial

Un événement exceptionnel se prépare dans le monde de la lutherie : Artcurial mettra aux enchères, le 16 décembre, un violon signé Bartolomeo Giuseppe Guarneri, dit del Gesù, l’un des maîtres absolus de Crémone. Réalisé entre 1727 et 1730, l’instrument est estimé entre 2 et 2,5 millions d’euros et sera exposé à Paris du 11 au 15 décembre. Moins de 150 violons du luthier sont aujourd’hui répertoriés dans le monde, un chiffre rappelé par Artcurial, pour qui chaque apparition sur le marché constitue un événement international exclusif.

Un chef‑d’œuvre de la lutherie crémonaise

Artcurial rappelle que la présence d’un violon de del Gesù sur le marché est une rareté absolue, ces instruments se distinguant par leur ampleur sonore et leur puissance expressive. Selon Stéphane Aubert, vice‑président de la maison de vente, proposer un tel violon aux enchères est « un privilège exceptionnel » — une information rapportée par Franceinfo Culture, qui souligne le caractère rarissime de ces instruments, convoités par des collectionneurs, des mécènes et de grandes institutions musicales.

L’histoire de cet instrument s’inscrit dans une lignée prestigieuse : de Paganini à Yehudi Menuhin, d’Isaac Stern à Itzhak Perlman, les plus grands virtuoses ont joué sur des del Gesù, attirés par leur intensité dramatique et un spectre sonore capable d’allier profondeur des graves et éclat des aigus. Artcurial rappelle également que certaines de ces pièces ont accompagné toute la vie d’interprètes majeurs — Eugène Ysaÿe avait apposé en 1928 une étiquette déclarant que son del Gesù fut « le fidèle compagnon » de sa carrière, une mention à laquelle Isaac Stern ajouta plus tard : « De la mienne aussi ».

Une vente attendue par les collectionneurs du monde entier

Le violon présenté par Artcurial se distingue, selon la maison, par une projection exceptionnelle et une palette sonore d’une grande complexité, permettant de remplir aussi bien les grandes salles que les espaces plus intimes. Franceinfo Culture souligne que ces instruments, comparables en prestige aux Stradivarius, incarnent l’âge d’or de la lutherie crémonaise et continuent de fasciner par leur combinaison unique de rareté, d’histoire et de sonorité.

La vente du 16 décembre s’annonce ainsi comme un moment majeur pour les spécialistes du patrimoine musical : un rendez-vous où collectionneurs, institutions et grands musiciens tenteront peut-être de s’emparer d’un instrument considéré comme l’un des sommets de la facture instrumentale européenne.

Partager