Un Gauguin méconnu réapparaît et s’envole à 760 000 euros
Un Gauguin méconnu réapparaît et s’envole à 760 000 euros

Présentée pour la première fois depuis plus de quarante ans, la toile Danse bretonne de Paul Gauguin a été vendue ce mardi 9 décembre 2025 chez Artcurial à Paris. L’œuvre, estimée entre 500 000 et 700 000 euros, a finalement trouvé preneur pour 760 000 euros.

Une scène bretonne peinte au Pouldu et longtemps invisible

Réalisée en 1889 dans la petite station balnéaire du Pouldu, dans le Finistère, Danse bretonne fait partie d’une série de décors commandés à Gauguin et à ses compagnons peintres par Marie Henry, alors tenancière de La Buvette de la Plage. Le panneau peint, qui mesurait 80 centimètres de large pour 20 de haut, ornait à l’origine la cheminée de l’auberge, lieu de passage de nombreux artistes à la fin du XIXe siècle.

La scène, vivante et joyeuse, représente des villageois en farandole, des musiciens et une paysanne entourée d’animaux. D’après Bruno Jaubert, directeur du département Impressionniste et Moderne chez Artcurial, interrogé par ICI Breizh Izel, cette huile sur bois est “pleine d’humour et d’esprit”. Restée dans des collections privées après avoir été vendue dans les années 1920, l’œuvre n’avait plus été montrée publiquement depuis une exposition new-yorkaise en 1983.

Une œuvre redécouverte et authentifiée après des doutes

La trajectoire de Danse bretonne est marquée par plusieurs rebondissements. Si elle avait été reconnue à sa création, deux spécialistes contestèrent dans les années 1980 qu’elle soit bien de la main de Gauguin. Il a fallu attendre 2020 pour que le comité Paul Gauguin, affilié au Wildenstein Plattner Institute à Paris, en confirme formellement l’authenticité.

Sa rareté, son histoire mouvementée et sa valeur patrimoniale ont éveillé l’intérêt de plusieurs institutions, musées français comme étrangers, selon Artcurial. Et c’est finalement pour 760 000 euros que le tableau a été adjugé lors de la vente du 9 décembre. Une somme supérieure aux estimations initiales.

Dans le même temps, au Pouldu, le Centre d’interprétation Gauguin continue de faire vivre cette mémoire en exposant une reconstitution fidèle de la salle décorée par l’artiste, où figure une réplique de cette œuvre désormais sortie de l’ombre.

Partager