Le musée du Louvre et le musée du quai Branly – Jacques Chirac ont dévoilé ce 3 décembre un nouvel espace commun : la Galerie des cinq continents. Située dans l’aile Denon, accessible par la Porte des Lions récemment rénovée, cette galerie succède au Pavillon des Sessions, en place depuis 2000. Elle propose un parcours inédit croisant les œuvres et civilisations du monde entier, dans un projet muséal centré sur l’universalité de l’art.
Une présentation décloisonnée des patrimoines mondiaux
Sur près de 1 000 m², cent trente œuvres venues de cinq continents sont rassemblées selon une logique thématique, plutôt que géographique ou chronologique. Sculptures, objets rituels, masques, éléments religieux ou symboles de pouvoir — issus des collections du Louvre, du musée du quai Branly, mais aussi du musée Guimet, du musée national de la Marine ou encore du Nigeria — dialoguent autour de grands sujets universels : la foi, la naissance, la mort, le pouvoir ou la relation aux éléments.
Loin de toute hiérarchie entre cultures, la galerie défend une approche transversale de l’histoire de l’art. Une sculpture funéraire grecque du IIe siècle y fait face à une tête de l’île de Pâques. Une Vierge espagnole du XIVe siècle est présentée aux côtés d’une maternité africaine du XIXe. Ces rapprochements formels ou symboliques sont mis en valeur par une muséographie épurée, imaginée par Jean-Michel Wilmotte, qui avait déjà conçu les volumes du Pavillon des Sessions. Chaque œuvre est accompagnée de cartels enrichis, certains proposant une analyse approfondie sur leur usage, leur signification ou leur provenance.
Une collaboration entre institutions et une réflexion sur les collections
La création de cette galerie s’inscrit dans une volonté de coopération renforcée entre les deux musées. Dès sa prise de fonction, Laurence des Cars, présidente du Louvre, a souhaité, en lien avec Emmanuel Kasarhérou, directeur du musée du quai Branly, reconsidérer la place des arts extra-occidentaux au sein du Louvre. Le commissariat de l’exposition est ainsi partagé entre les deux institutions, dans un esprit de complémentarité.
La question de la provenance des œuvres figure également au cœur du projet, alors que les débats sur les restitutions des biens culturels se multiplient à l’échelle internationale. Une vingtaine d’objets sont ainsi accompagnés de notices retraçant leur histoire, depuis leur création jusqu’à leur entrée en collection.
Le projet a été soutenu par la Fondation Marc Ladreit de Lacharrière, mécène de longue date, qui a financé les espaces d’accueil et offert plusieurs œuvres, dont une statue royale du Cameroun placée à l’entrée de la galerie. Il a également permis l’installation d’un ensemble de neuf tableaux de Marlene Dumas, intitulé Liaisons, qui associe visages imaginaires et masques d’Afrique ou d’Asie.
À l’entrée, le Café des Lions, conçu dans un esprit convivial, propose une pause gourmande avec vue sur le jardin du Carrousel. Il s’approvisionne auprès de la Boulangerie du Louvre, ouverte sous la Pyramide depuis juin 2025, où les produits sont fabriqués sur place par les chefs Pascal Rigo et Arnaud Chevalier.
Par cette galerie, le Louvre renforce son ambition universelle : relier les cultures, croiser les regards et offrir aux visiteurs une lecture renouvelée, sensible et partagée, des patrimoines de l’humanité.