Le Tour de France a brièvement été rattrapé par l’activisme politique. Mercredi, lors de l’arrivée de la 11e étape à Toulouse, un homme de 27 ans a surgi sur la ligne finale, courant quelques mètres derrière les deux premiers coureurs, vêtu d’un t-shirt proclamant « Israël out of the Tour ». Rapidement stoppé par un organisateur, il a été interpellé sur-le-champ. Ce jeudi matin, il était toujours en garde à vue. Membre du mouvement Extinction Rebellion, l’activiste réside à Toulouse. Son intrusion devant les caméras du monde entier visait à dénoncer la participation de l’équipe Israel-Premier Tech, dans le contexte de la guerre à Gaza. Keffieh autour du cou, il a profité de la médiatisation du Tour pour transformer la ligne d’arrivée en tribune politique.
Un militant multicasquette et une action coordonnée
L’homme n’en est pas à son premier coup d’éclat. Selon une représentante locale d’Extinction Rebellion, il milite également contre le projet autoroutier A69, un chantier controversé de 53 km censé relier Castres à Toulouse. Il participe régulièrement aux actions menées par les opposants à cette infrastructure décriée pour son impact environnemental. La nuit précédant son intrusion, des tags « Stop A69 » accompagnés du logo « XR » avaient été aperçus sur les pentes de la côte de Pech David. L’opération ne s’est pas arrêtée à son irruption. Trois autres militants ont tenté de franchir le dispositif de sécurité en arborant des drapeaux palestiniens et des t-shirts accusant Israël de « génocide à Gaza ». Si eux n’ont pas réussi à atteindre les coureurs, leur simple présence a conduit à leur interpellation. Ils étaient eux aussi encore en garde à vue jeudi matin, selon Extinction Rebellion, qui estime que l’action n’a été que partiellement menée à bien.
Une convergence de luttes sous surveillance
La veille de l’étape, les services de renseignement avaient identifié un possible risque de convergence entre activistes propalestiniens et opposants à l’A69. Selon leurs estimations, une quinzaine de militants potentiellement impliqués avaient été signalés. L’épisode toulousain confirme cette porosité entre causes écologistes et internationales au sein de certains collectifs de l’ultra-gauche. Rien n’indique pour l’instant si d’autres actions sont prévues sur les étapes à venir. Mais l’incident souligne une nouvelle fois que le Tour, au-delà du sport, reste une vitrine scrutée où les engagements militants cherchent parfois à s’inviter.