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Nagui devant la commission d’enquête : de nouvelles accusations sur les salaires et les marges de «N’oubliez pas les paroles»

Nagui doit être auditionné ce mercredi à 14h30 par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale consacrée à la neutralité, au fonctionnement et au financement de l’audiovisuel public. Son passage devant les députés a lieu moins de 24 heures après l’audition de Patrick Sébastien, Michel Drucker et Jacques Cardoze, organisée hier dans le cadre des mêmes travaux parlementaires. 

Patrick Sébastien accuse le jeu de France 2 de sous-payer certaines équipes

La veille, Patrick Sébastien a mis directement en cause les conditions de production de N’oubliez pas les paroles. Lors de son audition, il a affirmé travailler avec des marges comprises entre 8% et 10%, sans logique d’« enrichissement personnel », tout en assurant avoir toujours bien rémunéré ses équipes. À l’inverse, il a accusé l’émission produite et présentée par Nagui d’enregistrer jusqu’à 14 émissions par jour, avec certaines personnes payées « 100 euros pour la journée ». 

La rentabilité de la production au cœur de l’affrontement

Au-delà de la question des rémunérations, Patrick Sébastien a aussi mis en cause la rentabilité du programme. Il a avancé que la marge dégagée sur certaines productions pourrait atteindre 40% à 50%, un niveau qu’il juge excessif. Dans le même mouvement, le rapporteur de la commission a relayé ces déclarations en soulignant que, selon cette lecture, plusieurs formats du service public seraient monopolisés par un nombre limité d’acteurs, au détriment de producteurs plus modestes qui souhaiteraient également accéder à ces cases. 

Nagui attendu sur un point central : le vrai niveau de ses marges

L’audition de Nagui doit donc permettre de clarifier plusieurs points sensibles : le rythme réel des enregistrements de N’oubliez pas les paroles, les conditions de rémunération évoquées mardi, mais aussi le niveau exact des marges réalisées par sa société de production dans ses relations avec le service public.

Une audition dans un climat déjà explosif

Cette audition a lieu dans un climat déjà très tendu autour de l’animateur-producteur. Nagui a déposé plainte contre X pour cyberharcèlement après la diffusion de propos le présentant, en décembre 2025, comme l’une des personnalités qui se seraient le plus enrichies grâce à l’argent public au cours des dix dernières années. Cette plainte a été déposée en février 2026 auprès du procureur de Paris. 

Un dossier sensible pour l’audiovisuel public

La polémique dépasse désormais le seul cas personnel de Nagui. Il renvoie plus largement à la place des producteurs privés dans l’audiovisuel public, à la concentration des formats les plus rentables et au partage de la valeur entre chaînes, producteurs et personnels de tournage. À l’image du contrat de 100 millions d’euros entre France Télévisions et Air Productions sur plusieurs émissions sur trois ans, incluant notamment N’oubliez pas les paroles et Taratata.

L’enjeu politique et médiatique de cette audition est désormais clair : Nagui devra répondre à des accusations précises sur la rémunération de certaines équipes, sur le volume d’enregistrements quotidiens de son jeu et sur le niveau de rentabilité de ses productions. Sa prise de parole est particulièrement attendue sur la question des marges, devenue l’un des points de friction de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. 

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