Nice fait partie des villes les plus touchées par la crise du logement en France : il manquerait 50 000 logements pour répondre à la demande croissante. Dans une ville coincée entre mer et montagne, chaque appartement libéré attire en moyenne 26 candidats, et certains habitants cherchent pendant des mois sans succès. Pour répondre à cette urgence, architectes et urbanistes redoublent d’ingéniosité afin de créer des logements… là où il n’y a presque plus de place.
Des immeubles ultra-étroits et des surélévations pour densifier la ville
Avec des parcelles rares et étroites, les architectes doivent exploiter chaque mètre disponible. À Nice, un immeuble en construction ne fera que 4 mètres de façade, tout en accueillant des T1 et T2 de 30 m² grâce à une arrière-cour permettant d’étendre la surface. La ville explore aussi une autre piste : la surélévation. Lorsque les toits sont considérés comme “morts”, il est possible d’ajouter un ou plusieurs niveaux sans artificialiser les sols. Plusieurs chantiers sont en préparation et certains bâtiments ont déjà gagné un étage, créant par exemple quatre duplex neufs.
Réhabiliter, préempter et construire : une stratégie globale
La municipalité estime que 5 000 bâtiments pourraient être surélevés, créant jusqu’à 7 500 logements. En parallèle, Nice intensifie la lutte contre les logements vacants et réhabilite plus de 900 logements par an. Une politique qui a permis à certaines familles, comme celle de Kaola, de quitter un petit deux-pièces pour intégrer un appartement de 65 m² entièrement rénové. Autre axe majeur : la préemption d’immeubles dégradés, transformés ensuite en logements sociaux, comme dans le centre-ville où un bâtiment ancien a été entièrement rénové pour créer 19 logements confortables.
Au total, la métropole prévoit de construire 3 000 logements par an pour tenter de rattraper le retard accumulé.