Pour la première fois, une action collective est lancée contre l’État afin de dénoncer le défaut d’accompagnement des élèves en situation de handicap. L’association Une école inclusive pour tous a saisi, lundi, plusieurs tribunaux administratifs pour contraindre dix rectorats à recruter les accompagnants d’élèves en situation de handicap manquants. Une initiative sans précédent, alors que des dizaines de milliers d’enfants restent privés de l’aide à laquelle ils ont droit.
À la rentrée 2025, près de 49 000 élèves n’avaient toujours pas d’accompagnement, malgré une notification officielle, sur un total d’environ 350 000 élèves concernés. Une situation que les familles qualifient de structurelle et durable. Selon l’association, il ne s’agit plus d’une difficulté ponctuelle mais d’un manquement répété de l’administration à ses obligations légales, avec des conséquences directes sur la scolarisation et parfois même la présence en classe de ces enfants.
Dix académies visées par une action de groupe
Les recours concernent notamment les académies d’Aix-Marseille, de Créteil, de Versailles, de Paris ou encore de La Réunion, identifiées comme parmi les plus touchées par le manque d’AESH. Défendue par l’avocat Julien Bayou, l’association demande aux juges d’ordonner aux rectorats de résorber les heures d’accompagnement non assurées dans un délai contraint, sous peine d’astreintes financières mensuelles. Les plaignants estiment que les pénuries ne s’expliquent pas par l’absence de candidats, mais par des choix de gestion et de financement.
Au-delà des recrutements immédiats, la procédure vise aussi à interpeller l’État sur les conditions d’exercice du métier d’AESH, marqué par des rémunérations faibles, une précarité persistante et un fort turn-over. Cette offensive judiciaire intervient alors qu’une mobilisation nationale des personnels et des syndicats est organisée pour réclamer un statut renforcé et des moyens durables.