Les journées scolaires telles que les connaissent les élèves pourraient être profondément transformées si le gouvernement décidait d’adopter les recommandations issues de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant. Ce panel de cent trente adultes tirés au sort, réunis pendant plusieurs mois à la demande du chef de l’État, propose une refonte presque totale de la semaine d’école. Le rapport remis au gouvernement ce dimanche avance une série de changements qui, s’ils entraient en vigueur, modifieraient très directement le quotidien des élèves, mais aussi celui des enseignants et des familles. Derrière cette initiative se cache l’ambition d’adapter l’école aux rythmes de l’enfant tout en tentant d’harmoniser des pratiques devenues très disparates selon les territoires.
Une semaine rallongée et des journées remodelées
Les citoyens réunis pour cette convention ont commencé leur travail en observant un constat simple. La France fait figure d’exception au sein de l’OCDE puisqu’une partie des élèves du primaire ne suit pas cinq jours de classe par semaine. Dans de nombreuses communes, le mercredi après-midi reste libéré et certains enfants n’ont cours que quatre jours. Face à cette singularité, la convention préconise un retour strict à cinq jours pleins, du lundi au vendredi, des écoles élémentaires jusqu’aux lycées. Pour ses membres, une semaine scolaire alignée sur celle des autres pays faciliterait l’organisation et offrirait un meilleur équilibre entre apprentissages, repos et activités périscolaires. Cette refonte ne s’arrêterait pas à la structure hebdomadaire. Les cours, notamment dans le secondaire, seraient compressés en formats de quarante-cinq minutes au lieu des séances d’une heure qui rythment aujourd’hui les collèges et les lycées. Le matin serait réservé aux matières théoriques, celles qui demandent la plus forte concentration. L’après-midi, moins propice aux efforts cognitifs selon les spécialistes cités, serait dédiée à des apprentissages jugés utiles à la vie quotidienne comme le bricolage, la couture ou des ateliers pratiques destinés à préparer les adolescents aux gestes du quotidien. Cette réorganisation, si elle était appliquée, bousculerait profondément les habitudes pédagogiques des établissements.
La question de l’heure de début des cours occupe une place centrale dans le rapport. Les spécialistes de la chronobiologie sollicités par la convention ont rappelé que l’entrée en classe avant neuf heures ne correspondait pas aux rythmes biologiques des adolescents. Le rapport recommande donc une généralisation du début des cours à neuf heures pour tous les collèges et lycées. La fin de la journée à quinze heures trente ferait ensuite place à un temps réservé aux activités culturelles ou sportives. Ce modèle suppose toutefois une profonde adaptation des transports scolaires, des plannings familiaux et des horaires de travail, autant d’éléments qui dépassent largement le seul cadre du ministère de l’Éducation. Les vacances scolaires n’échappent pas non plus à la refonte proposée. Le système actuel de trois zones serait réduit à deux pour les congés d’hiver et de printemps. Selon les membres de la convention, cette répartition éviterait à certains élèves des périodes de cours trop longues entre Pâques et l’été, tout en empêchant d’autres d’enchaîner des congés trop rapprochés entre Noël et février. La durée globale des vacances resterait inchangée, même si elle dépasse de deux semaines la moyenne de l’OCDE. Au terme de cinq mois de travail, les propositions devront maintenant franchir l’étape politique. Comme pour les précédentes conventions citoyennes, le gouvernement reste libre d’en retenir tout ou partie.
Mais chacune de ces mesures, si elle était adoptée, entraînerait d’importantes répercussions dans les familles et dans l’organisation des établissements. Entre les ajustements de planning, les transports à repenser et les activités périscolaires à réorganiser, le débat ne fait que commencer.