Dans de nombreuses entreprises, décembre rime désormais avec Secret Santa. Cette tradition importée du monde anglo-saxon s’est peu à peu installée dans les bureaux français, au point d’être devenue un incontournable de fin d’année. Mais derrière les apparences festives, l’enthousiasme n’est pas toujours partagé, comme le montre un reportage par FranceInfo.
Entre pression sociale et cadeaux qui finissent au placard
Pour certains salariés, l’exercice relève davantage du casse-tête que du plaisir. Sonia, infirmière de 55 ans, en sort tout juste : sa pause de midi a été engloutie par la chasse au cadeau « qui peut convenir à n’importe qui ». Sans grande conviction, elle a acheté une boîte à thé. Une dépense qu’elle juge inutile, comme celle d’un cadre en bois offert une année et aussitôt abandonné dans son vestiaire. À ses yeux, le Secret Santa crée surtout de la consommation superflue et du stress pour cocher une obligation festive imposée plus qu’acceptée.
D’autres en gardent un souvenir plus amer encore. Eléa, 24 ans, refuse désormais d’y participer après une expérience tendue avec une collègue qui l’apprécie peu. « Je n’ai pas envie d’acheter un cadeau pour Jacqueline qui ne peut pas me saquer », raconte-t-elle. Et le pire, selon elle, c’est que cette collègue arrive parfois les mains vides le jour J, désamorçant ce qui devait être un moment d’échange.
Un rituel à repenser pour ne pas gâcher l’esprit de fête
Pour beaucoup, le problème ne vient pas du concept lui-même mais de la manière dont il est imposé. Lorsqu’il devient obligatoire, le Secret Santa perd toute spontanéité et ravive les tensions de bureau. À l’inverse, lorsqu’il est proposé librement par les salariés, il peut créer une parenthèse légère avant les fêtes, sans pression ni malaise.
Un constat partagé par Eléa, qui croit encore possible de concilier esprit de Noël et vie professionnelle à condition que la participation reste un choix. Un rappel utile à l’heure où les entreprises cherchent des leviers pour renforcer la cohésion sans créer de nouvelles obligations sociales.