Le monde devient-il moins meurtrier qu’on ne le pense ?
Le monde devient-il moins meurtrier qu’on ne le pense ?

Alors que 70 % des habitants de la planète affirment que la violence augmente, les données disent tout l’inverse : le taux mondial d’homicides chute nettement depuis le début des années 2000. Selon des chiffres récemment actualisés par la Banque mondiale, le nombre de meurtres pour 100 000 habitants est passé de 6,9 en 2000 à 5,2 en 2023, soit une baisse d’environ 25 %. Une diminution spectaculaire, d’autant plus frappante que la population mondiale a fortement grandi dans le même laps de temps. En d’autres termes, le nombre total d’homicides a augmenté en valeur brute, mais beaucoup moins vite que la population. Sans cette baisse du taux, près de 1,5 million de personnes supplémentaires auraient été tuées depuis 2000.

Une tendance historique à la « civilisation »

Cette évolution s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus long. Les criminologues rappellent qu’au XIVᵉ siècle, les taux d’homicides en Europe étaient sans commune mesure : souvent entre 20 et 25 pour 100 000 habitants et jusqu’à 100 à Oxford. Aujourd’hui, des métropoles comme Londres affichent un taux inférieur à 1. Pour les spécialistes, ce recul global s’explique par un phénomène central : la violence a cessé d’être un outil socialement accepté. Le renforcement des institutions, l’amélioration des systèmes de justice et la diffusion de normes sociales non violentes ont progressivement contribué à réduire les meurtres partout sur la planète.

Mais la baisse est loin d’être homogène. Si l’Europe et une large partie de l’Asie enregistrent des niveaux historiquement bas, les Amériques et l’Afrique concentrent encore l’essentiel des homicides. Des villes comme Port-au-Prince ou Colima figurent parmi les plus dangereuses au monde, dépassant parfois les 100 meurtres pour 100 000 habitants. Une preuve que, malgré une tendance mondiale encourageante, la violence continue de frapper avec une intensité dramatique dans certaines régions.

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