À partir de ce mardi, six des huit plateformes du Samu social d’Île-de-France cessent le travail pour dénoncer une dégradation continue de leurs conditions d’exercice. Ce mouvement, qui s’inscrit dans une mobilisation plus large des professionnels du travail social, vise à alerter sur un manque chronique de moyens face à une demande d’aide toujours plus forte, notamment en matière d’hébergement d’urgence. Les appels au 115 continuent toutefois d’être traités pour les situations les plus critiques.
Les salariés pointent des effectifs insuffisants, une pression accrue sur les équipes et des consignes de plus en plus restrictives sur les prises en charge. Selon plusieurs travailleurs sociaux, la saturation des dispositifs conduit chaque jour à refuser des centaines de personnes sans solution, une réalité qui s’aggrave d’année en année, alors même que le nombre de sans-abri progresse.
Un secteur à bout de souffle face aux restrictions budgétaires
Les grévistes dénoncent des choix budgétaires qu’ils jugent incompatibles avec leur mission. Ils évoquent des coupes financières, des suppressions de postes dans certaines associations partenaires et une logique de rationalisation perçue comme déshumanisante. Pour eux, réduire l’accès à l’hébergement ou à l’accompagnement social ne permet pas de faire des économies durables, mais aggrave au contraire les situations de précarité.
Au-delà des revendications salariales, les professionnels réclament une reconnaissance de la réalité du terrain et un renforcement des moyens humains. Ils alertent sur les conséquences directes de cette crise sur les personnes les plus vulnérables, estimant que l’épuisement des équipes fragilise l’ensemble du dispositif d’aide d’urgence. La mobilisation, annoncée jusqu’à jeudi, pourrait se prolonger en l’absence de réponses concrètes des pouvoirs publics.