Le dispositif de rappel des laits infantiles commercialisés par Danone a franchi un nouveau seuil début février. Le groupe agroalimentaire a annoncé l’extension de ses mesures à près de 120 lots supplémentaires, portant désormais à 19 références différentes les produits concernés en France, avec des répercussions dans plusieurs pays européens. Cette décision intervient dans un contexte de vigilance renforcée autour d’une toxine alimentaire dont le seuil toléré vient d’être revu à la baisse par les autorités sanitaires européennes.
En France, les rappels concernent principalement des laits des marques Gallia et Blédilait, listés sur la plateforme officielle Rappel Conso. Des mesures équivalentes ont été prises en Autriche et en Allemagne, où plus de 120 lots de préparations infantiles des marques Aptamil et Milumil sont également visés. D’autres pays européens sont touchés, notamment la Pologne, la Hongrie, la Roumanie et la Suisse, ce qui confirme l’ampleur géographique de l’opération. Les autorités sanitaires nationales et l’industriel soulignent que ces rappels sont préventifs et s’inscrivent dans un cadre réglementaire strict.
À l’origine de cette décision figure l’évolution des recommandations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments, qui a réévalué le seuil toléré de céréulide dans les préparations destinées aux nourrissons. Cette toxine, produite par certaines bactéries, est connue pour provoquer des troubles digestifs, notamment des diarrhées et des vomissements. Sa présence a été détectée dans une huile riche en acide arachidonique fournie par un industriel asiatique, ingrédient entrant dans la composition de plusieurs laits infantiles commercialisés en Europe.
Une réaction en chaîne dans l’agroalimentaire
La situation dépasse largement le seul cas de Danone. Depuis la mi-décembre, le rappel de dizaines de lots de laits infantiles par Nestlé dans près de soixante pays a déclenché une série de mesures similaires à l’échelle mondiale. D’autres acteurs majeurs du secteur, dont Lactalis, ainsi que des industriels de plus petite taille, ont été contraints d’adopter des décisions comparables. Le marché du lait infantile, en forte croissance et particulièrement sensible sur le plan sanitaire, se retrouve ainsi confronté à une remise en question de certaines chaînes d’approvisionnement.
Les industriels concernés ne communiquent pas sur le nombre exact de boîtes retirées de la vente, soulignant que la taille des lots varie selon les sites de production et les commandes passées. Cette opacité relative alimente l’attention des autorités et des consommateurs, même si aucune alerte sanitaire grave n’a été signalée à ce stade pour les produits rappelés.
Danone a déjà procédé à plusieurs rappels successifs depuis la mi-janvier. Un premier épisode avait eu lieu à Singapour, où des lots avaient été bloqués par les autorités locales, provoquant une réaction immédiate des marchés financiers et une baisse marquée du titre du groupe à la Bourse de Paris. Depuis, le groupe affirme avoir renforcé ses contrôles internes et collaborer étroitement avec les autorités sanitaires européennes.
Dans sa communication, Danone insiste sur la sécurité de ses formules infantiles. Le groupe indique que l’ensemble de ses produits pour nourrissons est fabriqué selon des normes strictes et soumis à des contrôles rigoureux avant leur mise sur le marché. Cette extension des rappels est présentée comme une mesure de précaution, destinée à s’aligner sur des seuils sanitaires plus exigeants et à maintenir la confiance des parents dans un contexte de vigilance accrue autour de l’alimentation infantile.