France : ArcelorMittal envisage une nouvelle vague de délocalisations, jusqu’à 1 650 emplois dans le viseur
France : ArcelorMittal envisage une nouvelle vague de délocalisations, jusqu’à 1 650 emplois dans le viseur

Le groupe sidérurgique ArcelorMittal étudie une nouvelle étape de réorganisation de ses activités en Europe. Annoncé jeudi 29 janvier, le projet porte sur une délocalisation accrue des fonctions support, c’est-à-dire les services qui accompagnent la production sans relever directement de la fabrication de l’acier. Informatique, logistique, maintenance ou encore ingénierie figurent parmi les métiers concernés. À l’échelle européenne, jusqu’à 5 600 salariés pourraient être affectés par ce processus, dont 1 650 en France.

Selon les informations communiquées par le comité d’entreprise européen, cette réflexion s’inscrit dans la continuité d’un plan déjà engagé au printemps précédent. Le groupe avait alors lancé une première vague de délocalisations, toujours en cours, visant à rationaliser des activités jugées trop dispersées sur le continent. ArcelorMittal Europe explique vouloir optimiser et standardiser ces fonctions afin de bâtir un modèle économique plus compétitif et durable face à la concurrence internationale.

La stratégie envisagée repose notamment sur la création d’un pôle de services aux entreprises en Inde, combinée au renforcement d’un centre d’excellence déjà existant en Pologne. L’objectif affiché est d’aligner les performances du groupe européen sur celles des autres grands acteurs industriels mondiaux. Dans cette perspective, le recours accru à l’intelligence artificielle est présenté comme un levier majeur de transformation des processus et de réduction des coûts.

Une menace sociale diffuse mais réelle pour les sites français

Si le chiffre de 1 650 emplois potentiellement concernés en France frappe les esprits, les représentants du personnel soulignent qu’il ne s’agit pas mécaniquement de suppressions de postes équivalentes. Le secrétaire du comité d’entreprise européen rappelle que lors de la première vague, un périmètre de plus de 4 000 emplois avait été identifié, mais que 1 400 suppressions effectives avaient finalement été constatées. La nouvelle phase pourrait donc aboutir à des scénarios différenciés selon les pays, les métiers et les possibilités de reclassement interne.

Le projet cible principalement les personnels informatiques, qu’il s’agisse de la maintenance des systèmes, de la cybersécurité, du support applicatif ou des infrastructures. Sont également concernés des prestataires et salariés œuvrant dans les domaines de l’ingénierie, des services, de la logistique, du conseil et de la maintenance. Les activités de production de l’acier ne sont pas directement touchées, mais les syndicats estiment que l’affaiblissement des fonctions support fragilise l’ensemble de la chaîne industrielle.

Du côté des représentants des salariés, la réaction est vive

Le comité d’entreprise européen dénonce une décision prise sans bilan approfondi des plans précédents et sans évaluation claire de leurs conséquences humaines et sociales. Il demande l’arrêt immédiat de toute nouvelle délocalisation tant que les projets en cours n’ont pas été clôturés et analysés. Pour les élus du personnel, cette nouvelle annonce s’apparente à une attaque frontale contre les travailleurs européens, dans un contexte déjà marqué par des restructurations successives.

Au-delà des chiffres, l’inquiétude porte sur la trajectoire globale du groupe en Europe. La multiplication des centres de services hors du continent alimente la crainte d’un décrochage progressif des compétences et d’une perte de maîtrise stratégique. En France, où ArcelorMittal reste un employeur industriel majeur, la perspective de centaines d’emplois remis en question ravive un climat social déjà tendu.

Partager