Enquête ouverte à Auch après les propos virulents du président de la Coordination rurale envers les écologistes
Enquête ouverte à Auch après les propos virulents du président de la Coordination rurale envers les écologistes

À peine élu à la tête de la Coordination rurale, Bertrand Venteau s’est retrouvé au centre d’une polémique nationale après un discours où il appelait à « faire la peau » aux écologistes. Prononcées le 19 novembre lors de sa première intervention publique en tant que président du syndicat agricole, ces déclarations ont immédiatement suscité l’indignation dans les milieux politiques et environnementaux. Lundi 24 novembre, le parquet d’Auch confirmait l’ouverture d’une enquête pour provocation publique non suivie d’effet, après avoir reçu plusieurs dizaines de signalements adressés par des élus écologistes de tout le pays, ainsi que du Parlement européen. Cette procédure vise à déterminer si les propos du syndicaliste constituent une incitation à commettre un crime ou un délit, dans un contexte où la tension entre organisations agricoles et défenseurs de l’environnement demeure particulièrement vive.

Une avalanche de dénonciations et de réactions politiques

La réaction des élus écologistes ne s’est pas fait attendre. Dix-sept parlementaires ont adressé un courrier à la procureure d’Auch pour réclamer une enquête susceptible d’établir les responsabilités pénales de Bertrand Venteau. Le président du syndicat, qui reproche aux écologistes leur vision de la décroissance et leur opposition à certains projets agricoles, affirmait que ceux qui, selon lui, souhaitaient la disparition des agriculteurs devaient être combattus « dans les départements, les régions, jusqu’au ministère ». La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, condamnait dès le 19 novembre des propos jugés menaçants et contraires au débat démocratique. Plusieurs associations, dont France Nature Environnement, annonçaient leur intention de porter plainte, estimant que les déclarations du nouveau président national mettaient en danger les militants écologistes et nuisaient à la qualité du débat public. Pour certains élus, ces prises de position reviennent à instrumentaliser la détresse du monde agricole en désignant un ennemi à combattre plutôt qu’en cherchant à apaiser les tensions.

Un président qui assume ses mots malgré la controverse

Face à l’ampleur des réactions, Bertrand Venteau a confirmé qu’il ne regrettait rien. Il affirmait que les difficultés rencontrées par les agriculteurs, jusqu’aux drames personnels, seraient liées aux politiques environnementales européennes et aux choix en matière de décroissance. Selon lui, les écologistes ne seraient pas les mieux placés pour donner des leçons de modération, en référence aux actions de sabotage de retenues d’eau menées par certains collectifs. Ces déclarations n’ont fait qu’alimenter davantage le reproche de radicalisation formulé à son encontre. Un conseiller régional écologiste évoquait même un comportement de « pyromane », expliquant que le responsable agricole désignait un bouc émissaire au lieu de proposer des solutions aux difficultés du secteur. L’ouverture de l’enquête judiciaire confirme que ces propos dépassent désormais le simple cadre syndical et s’inscrivent dans un débat national où l’agriculture, l’environnement et la violence verbale se mêlent de manière explosive.

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