En France, la richesse reste un déterminant majeur de l’espérance de vie
En France, la richesse reste un déterminant majeur de l’espérance de vie

En France, l’espérance de vie demeure étroitement liée au niveau de vie. Selon une étude de l’Insee publiée ce lundi, les hommes appartenant aux 5 % les plus aisés vivent en moyenne treize ans de plus que ceux figurant parmi les 5 % les plus modestes. Chez les femmes, l’écart atteint neuf ans. Sur la période 2020-2024, cet écart ne s’est pas réduit, bien au contraire, confirmant la persistance de profondes inégalités sociales face à la mortalité.

Accès aux soins et conditions de travail en cause

L’Insee souligne plusieurs facteurs explicatifs. Les difficultés financières limitent l’accès aux soins : parmi les 20 % les plus modestes, 3,2 % déclarent avoir renoncé à des examens médicaux pour des raisons économiques, contre 1,8 % dans l’ensemble de la population. À cela s’ajoutent des conditions de travail plus pénibles et plus risquées pour les catégories populaires, davantage exposées aux accidents et aux maladies professionnelles. Les comportements à risque jouent également un rôle : le tabagisme quotidien concerne 21 % des non-diplômés ou diplômés de niveau pré-bac, contre 13 % des diplômés du supérieur.

Loin de se résorber, ces écarts se creusent dans le temps. Entre les périodes 2012-2016 et 2020-2024, l’écart d’espérance de vie est passé de 12,7 à 13 ans chez les hommes et de 8,3 à 8,7 ans chez les femmes. L’institut y voit le signe d’une augmentation des causes de décès socialement marquées. Autre constat notable : même à niveau de vie inférieur, les femmes vivent globalement plus longtemps que les hommes les plus riches, en raison notamment d’un suivi médical plus régulier et d’une exposition moindre aux risques professionnels.

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