La dermatologue nîmoise Marion Vincent résume la crise en une phrase choc : « Il est plus facile de trouver des places pour Katy Perry qu’un rendez-vous en dermato. » Avec quatre confrères, elle a lancé début décembre une pétition sur le site de l’Assemblée nationale afin d’alerter sur la pénurie dramatique de spécialistes en France et demander une hausse urgente des formations.
Un manque criant de spécialistes et des délais qui explosent
La situation est jugée alarmante : 2 880 dermatologues exercent aujourd’hui en France, soit 3,25 pour 100 000 habitants, loin des 5 à 6 nécessaires pour répondre aux besoins. Résultat : des délais d’attente interminables, des renoncements aux soins et des diagnostics trop tardifs, notamment pour les cancers cutanés, parmi les plus fréquents du pays.
Chaque année, 16 millions de Français sont concernés par des pathologies dermatologiques, mais seuls 100 nouveaux dermatologues sont formés en moyenne, alors qu’il en faudrait au moins 150 pour compenser les départs massifs à la retraite. « 50 % des dermatologues ont aujourd’hui plus de 60 ans », alerte Marion Vincent.
Une pétition pour former 150 internes par an
Malgré l’attractivité persistante de la spécialité ( dans le top 3 des choix après l’internat ) l’offre de formation reste dramatiquement insuffisante. Les initiateurs de la pétition demandent donc de former 150 internes par an pendant 10 ans, contre 102 actuellement, afin de résorber la pénurie et garantir un accès aux soins pour tous.
Une mobilisation qui résonne comme un appel d’urgence pour éviter que les consultations dermatologiques ne deviennent un parcours du combattant… ou un luxe.