La réforme du métier infirmier entre officiellement en vigueur. Un décret publié le 26 décembre au Journal officiel redéfinit en profondeur les missions des infirmières et infirmiers diplômés d’État, en leur accordant un accès direct aux patients, des capacités de prescription encadrées et la possibilité de conduire, pour la première fois, une consultation infirmière autonome.
Une place renforcée dans le parcours de soins
Jusqu’ici cantonnés à des actes réalisés sur prescription médicale, les professionnels infirmiers peuvent désormais initier eux-mêmes des soins relevant de leur champ de compétences, qu’ils soient préventifs, curatifs, éducatifs ou liés à la surveillance clinique. Le texte leur permet d’évaluer l’état de santé des patients, d’identifier leurs besoins spécifiques et de bâtir un projet de soins personnalisé, marquant une évolution majeure dans l’organisation du système de santé.
Le décret autorise également la prise en charge directe de situations courantes, comme les plaies ou brûlures légères, ainsi que la prescription limitée de certains produits de santé et examens complémentaires, dont la liste sera précisée par arrêté. Les infirmiers voient aussi leur rôle reconnu dans la prévention, l’éducation thérapeutique, la détection des violences ou de la souffrance psychique, et l’accompagnement de la fin de vie.
Autre avancée notable : l’élargissement de leurs compétences en matière de vaccination et de dépistage, sans ordonnance préalable, pour plusieurs pathologies et tranches d’âge. Ils pourront enfin déléguer certains actes à des aides-soignants ou auxiliaires de puériculture. Une évolution présentée comme un tournant pour la profession, appelée à devenir un pilier plus autonome du parcours de soins.