Tatouages : des pigments soupçonnés d’affaiblir durablement les défenses immunitaires
Tatouages : des pigments soupçonnés d’affaiblir durablement les défenses immunitaires

Une vaste étude internationale relance le débat sur l’impact sanitaire des tatouages. Des chercheurs de l’Institut de recherche en biomédecine, rattaché à l’Université de la Suisse italienne, concluent que les encres injectées dans la peau ne restent pas localisées mais migrent rapidement vers les ganglions lymphatiques, des organes centraux du système immunitaire.

Les travaux montrent que ces pigments, une fois piégés dans les ganglions, déclenchent une réaction inflammatoire prolongée. Après une phase aiguë de quelques jours, l’inflammation devient chronique et peut persister durant des années. Les cellules immunitaires chargées de neutraliser les substances étrangères tentent de capturer l’encre sans parvenir à la dégrader, ce qui entraîne leur mort progressive.

Des effets observés sur la réponse vaccinale

Cette altération du fonctionnement immunitaire aurait des conséquences concrètes. Les chercheurs ont constaté, sur des modèles animaux et des échantillons humains, une production d’anticorps réduite après certaines vaccinations lorsque l’injection est réalisée sur une zone tatouée. Les encres noires et rouges semblent particulièrement concernées, suggérant une toxicité variable selon les pigments.

Parus le jeudi 27 novembre dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences après sept années de travaux, ces résultats ne visent pas à dissuader le recours au tatouage mais incitent à la vigilance. Les chercheurs appellent à approfondir les recherches et à renforcer l’encadrement de la composition des encres, dans un contexte où près d’une personne sur cinq dans le monde est aujourd’hui tatouée.

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