L’Assurance-maladie a tiré la sonnette d’alarme mercredi sur la flambée des dépenses liées aux médicaments innovants, dont le prix progresse bien plus vite que leur consommation. Si le volume de prescriptions augmente modérément, la facture globale s’alourdit fortement, portée par des traitements ciblant des pathologies rares ou complexes.
Des traitements toujours plus chers pour un nombre limité de patients
En dix ans, le paysage a radicalement changé : en 2025, 21 médicaments dépassent un coût annuel de 100 000 euros par patient, contre un seul en 2015. Certains atteignent même des niveaux exceptionnels, deux traitements franchissant le seuil du million d’euros par an et par patient avant remises. En oncologie, deux anticancéreux ont à eux seuls généré plus de trois milliards d’euros de remboursements en 2024, dans un contexte de hausse continue du nombre de patients pris en charge.
Selon Caisse primaire d’Assurance Maladie, ces médicaments innovants restent marginaux en volume mais concentrent une part croissante des dépenses, avec un coût moyen très supérieur à celui des traitements plus anciens. L’institution entend désormais renforcer l’évaluation du bénéfice médical réel de ces thérapies afin de limiter le remboursement de celles qui n’apportent pas de progrès significatif, tout en continuant à soutenir l’accès à l’innovation pour les maladies graves et rares.