Bronchiolite en Île-de-France - des bébés transférés vers d’autres régions pour désengorger les services pédiatriques
Bronchiolite en Île-de-France - des bébés transférés vers d’autres régions pour désengorger les services pédiatriques

L’Île-de-France traverse l’une des premières grandes vagues de bronchiolite de la saison, avec une hausse marquée des passages aux urgences chez les tout-petits. Face à cette montée en puissance, une quinzaine de nourrissons ont été transférés dans des hôpitaux de régions voisines depuis la mi-octobre, un dispositif activé pour pallier les tensions locales sur les lits de réanimation pédiatrique. Selon les données communiquées lundi, seize enfants ont quitté la région ces dernières semaines. L’Agence régionale de santé précise que seuls dix de ces transferts découlent d’une saturation ponctuelle de certains services, notamment en grande couronne. Les six autres relèvent de choix organisationnels visant à rapprocher les nourrissons de leur domicile familial, une solution jugée parfois plus confortable qu’un transfert dans un autre département francilien. Dans les hôpitaux parisiens, la pression reste forte. À Robert-Debré, les 36 lits de réanimation pédiatrique sont occupés, illustrant la tension qui s’installe alors que l’épidémie progresse pour la sixième semaine consécutive. Entre le 24 et le 30 novembre, les passages aux urgences ont augmenté de près de 10 % pour les moins d’un an et de plus de 7 % pour les moins de deux ans, tout en montrant un léger infléchissement en toute fin de mois.

Des transferts encadrés mais une vigilance renforcée

Les autorités sanitaires assurent suivre de très près l’évolution de la situation, rappelant que ces mouvements d’enfants ne signifient pas une saturation totale à l’échelle régionale. La ministre de la Santé évoque des transferts « souvent dus à des rapprochements familiaux », tout en reconnaissant la nécessité de surveiller l’état des services. Pour les familles, ces déplacements restent un déchirement, mais ils permettent de maintenir une prise en charge rapide et adaptée dans un contexte de forte affluence.

Des outils de prévention encore trop méconnus

Deux traitements sont aujourd’hui disponibles pour réduire le risque de bronchiolite grave liée au VRS : l’Abrysvo, administré à la femme enceinte pour protéger le nouveau-né et le Beyfortus, une immunisation destinée aux nourrissons. Mais selon les pédiatres en première ligne, la majorité des parents concernés par une hospitalisation ignorent encore l’existence de ces protections, un manque d’information qui pèse sur la prévention en pleine période épidémique. Alors que l’hiver ne fait que commencer, les services pédiatriques franciliens s’attendent à un mois de décembre encore chargé, avec une surveillance renforcée et des transferts qui pourraient se poursuivre si la pression hospitalière se maintient.

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