INFO ENTREVUE - Christophe Barthès, nouveau maire de Carcassonne, arrache le drapeau européen… mais a touché des dizaines de milliers d’euros de l’UE pour son exploitation agricole
INFO ENTREVUE - Christophe Barthès, nouveau maire de Carcassonne, arrache le drapeau européen… mais a touché des dizaines de milliers d’euros de l’UE pour son exploitation agricole

À peine élu maire de Carcassonne, le député Rassemblement national Christophe Barthès a voulu marquer les esprits. Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux ce dimanche 29 mars, le nouvel édile de Carcassone s’affiche retirant le drapeau de l’Union européenne du fronton de la mairie, lançant un message sans ambiguïté : « Dehors les drapeaux européens, place aux drapeaux français ». Un geste symbolique assumé, qui crée la polémique, d’autant que selon nos informations, l’exploitation agricole qu’il dirige a pourtant bénéficié ces dernières années de plusieurs dizaines de milliers d’euros d’aides issues de la politique agricole commune, financée en grande partie par l’Union européenne.

Un geste politique fort, symbolique, assumé. Mais qui interroge à la lumière d’éléments que nous révélons aujourd’hui. Car derrière cette posture souverainiste, une réalité bien plus discrète apparaît : l’exploitation agricole dirigée par le maire a perçu, ces dernières années, des montants significatifs issus… des fonds européens.

L’EARL Barthès, exploitation basée à Trèbes et spécialisée dans la culture de céréales et de vigne, a en effet bénéficié de nombreuses aides issues de la Politique agricole commune. Ces aides, financées principalement par le FEAGA, constituent un pilier du revenu agricole.

Nos calculs, à partir des données financières obtenues par Entrevue, sont sans appel.

Design Sans Titre

Pour les seules années récentes, l’exploitation dirigée par le nouveau maire RN de Carcassonne a perçu :

  • 32 912 € d’aides 100 % européennes (FEAGA seul) entre 2023 et 2024
  • Et plusieurs dizaines de milliers d’euros supplémentaires entre 2015 et 2022, dans le cadre d’aides cofinancées UE + État

Au total, sur une dizaine d’années, ce sont plus de 100 000 € d’aides publiques, en grande partie d’origine européenne, qui ont été versés à l’exploitation du nouvel édile. Des aides européennes au cœur du modèle agricole

Ces aides ne sont pas anecdotiques. Elles constituent l’ossature même du modèle agricole français.

L’essentiel des montants perçus par l’EARL Barthès provient de dispositifs bien identifiés :

  • aides de base au revenu, versées à l’hectare pour garantir la viabilité des exploitations
  • paiements redistributifs, destinés à soutenir les petites et moyennes structures
  • aides environnementales, conditionnées à des pratiques agricoles respectueuses du climat
  • aides couplées, ciblant certaines productions jugées stratégiques

Autrement dit, ces financements visent à soutenir les agriculteurs, stabiliser leurs revenus et accompagner la transition écologique du secteur.

Dans les faits, ces aides sont financées par le budget de l’Union européenne, puis redistribuées en France par les autorités nationales. Elles représentent, pour de nombreuses exploitations, une part essentielle du revenu annuel.

Dans le cas de l’exploitation dirigée par Christophe Barthès, elles s’inscrivent dans une continuité : année après année, les paiements de la PAC apparaissent comme un soutien régulier, parfois supérieur à 15 000 € par an.

Le contraste est donc saisissant.

D’un côté, un maire fraîchement élu qui affiche une volonté de rupture symbolique avec l’Union européenne, en retirant son drapeau du fronton de la mairie. De l’autre, une exploitation agricole qui a bénéficié de manière continue des financements issus de cette même Union.

Une contradiction qui ne manquera pas d’alimenter le débat politique local et national, à l’heure où la question de la souveraineté, du financement européen et de la cohérence des élus est plus que jamais au cœur des tensions.

Partager

Communauté

Commentaires

Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.