La rupture est désormais consommée. David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, a officiellement quitté Les Républicains cette semaine. Un départ loin d’être anodin, à treize mois de l’échéance présidentielle, qui acte une fracture profonde avec la ligne actuelle du parti. En toile de fond, une critique assumée : celle d’une droite jugée trop hésitante face à la macronie et incapable de proposer une alternative claire aux Français.
Cette décision fait suite à un échange avec Bruno Retailleau, dont Lisnard conteste moins la personne que la stratégie globale. Le maire de Cannes dénonce une formation politique « entre deux eaux », tiraillée entre participation au pouvoir et opposition de façade. Pour lui, l’heure n’est plus aux ambiguïtés mais à la clarté doctrinale, dans un contexte qu’il compare à des moments charnières de l’histoire française.
Porté par cette conviction, David Lisnard franchit un cap décisif ce mardi soir sur France2 : il officialise sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Un choix qui s’inscrit dans la continuité de son engagement pour une « droite de conviction », libérale sur le plan économique, ferme sur les questions régaliennes et ambitieuse sur l’éducation et la science. Il revendique un projet structuré, nourri par le terrain, visant à restaurer la prospérité et l’autorité de l’État.
Une candidature pour incarner une droite assumée et indépendante
Au cœur de sa stratégie, une idée centrale : l’organisation d’une grande primaire ouverte. Lisnard souhaite rassembler au-delà des appareils, du centre droit jusqu’à la droite nationale, afin de faire émerger une candidature incontestable. À défaut, il n’exclut pas une trajectoire indépendante, convaincu que les Français attendent une offre politique renouvelée, affranchie des logiques partisanes traditionnelles.
Ce positionnement séduit déjà une partie de l’électorat de droite en quête de cohérence. Son mouvement Nouvelle Énergie enregistre une dynamique croissante, signe d’un intérêt réel pour cette ligne assumée. Soutenu localement par des figures comme Éric Ciotti, Lisnard pourrait incarner une recomposition politique plus large, à l’heure où la droite cherche encore son cap.
Reste une inconnue majeure : cette initiative sera-t-elle un facteur de division ou, au contraire, le catalyseur d’un renouveau ? Une chose est certaine, David Lisnard s’installe désormais comme un acteur incontournable du débat à droite. Et dans une séquence politique marquée par le doute et le désenchantement, son pari d’indépendance pourrait bien rebattre les cartes plus profondément qu’il n’y paraît.
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