La Commission pontificale pour la protection des mineurs, un organe consultatif du Vatican, a vivement critiqué la manière dont l’Église catholique traite les victimes d’abus sexuels. Dans son rapport annuel publié ce jeudi, la commission affirme que les efforts de l’Église sont loin d’être suffisants, pointant un profond manque de soutien concret et de responsabilité institutionnelle envers les survivants.
Le document met en lumière l’absence persistante de transparence concernant la destitution des évêques accusés de mauvaise gestion ou de dissimulation de cas d’abus. Cette opacité, selon la commission, continue de miner la crédibilité des réformes promises par l’Église depuis plusieurs années. Le rapport souligne également que de nombreuses victimes ne sont ni écoutées ni accompagnées dans leur parcours de reconstruction.
L’Italie, siège du Vatican, est également pointée du doigt pour sa faible coopération avec les travaux de la commission. Le pays est accusé de ne pas avoir mis en place de mécanismes suffisants pour aider à l’enquête ou au traitement des dossiers liés aux abus commis dans les institutions religieuses.
Présidée par l’archevêque Thibault Verny, la commission réitère son appel à une réforme structurelle et globale des procédures de l’Église, afin de garantir justice et réparation aux victimes. Le rapport insiste sur la nécessité d’une approche centrée sur les survivants, avec des mesures concrètes de prévention, de reconnaissance et d’indemnisation.
Ce rapport constitue un nouvel avertissement pour l’Église catholique, qui reste confrontée à une crise de confiance majeure tant au sein de ses fidèles que de la société civile.