Le procès en appel des quatre hommes impliqués dans l’assassinat de Samuel Paty a débuté lundi à Paris. L’enseignant avait été décapité en octobre 2020 par un islamiste tchétchène à Conflans-Sainte-Honorine. Les accusés, déjà condamnés en première instance à des peines de 13 à 16 ans de réclusion criminelle, sont rejugés devant la cour d’assises spéciale, tandis que l’affaire continue de susciter une forte émotion dans le pays.
Des accusations stupéfiantes de la défense
Dès l’ouverture de l’audience, Maître Francis Vuillemin, avocat de l’un des accusés, Abdelhakim Sefrioui, a déclenché une véritable polémique en affirmant que Samuel Paty aurait discriminé les élèves musulmans. Selon lui, le professeur aurait demandé aux élèves de se signaler en fonction de leur religion lors d’un cours sur des caricatures, ce qu’il qualifie de stigmatisation.
« La décapitation de Samuel Paty est tellement horrible qu’elle écrase tout le dossier. Il y a un tabou, nous n’avons pas le droit de le dire, qu’il procédait à la discrimination des élèves musulmans », a déclaré l’avocat devant la presse. Ces propos ont immédiatement été perçus comme choquants et déplacés, donnant l’impression scandaleuse que la victime aurait « mérité » ce qui lui est arrivé.
Une famille et des parties civiles outrées
La réaction de la famille de Samuel Paty a été immédiate et virulente. Gaëlle Paty, sœur de l’enseignant, a dénoncé ce qu’elle considère comme une accusation intolérable et mensongère. « Mon frère était quelqu’un de très tolérant et curieux des religions. L’idée qu’il ait pu stigmatiser des élèves est absolument inaudible », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur le caractère profondément injuste et irrespectueux de ces propos, qui reviennent à remettre en cause la mémoire d’une victime d’un attentat terroriste.
De son côté, Me Virginie Le Roy, avocate des parents de Samuel Paty, a qualifié ces affirmations de « scandaleuses et indécentes ». Elle a affirmé que ces accusations n’avaient aucune influence sur les faits ni sur les qualifications pénales, et qu’elles constituent une attaque gratuite contre l’image et la mémoire de l’enseignant.