Perrier, la justice refuse de suspendre la vente de l’eau gazeuse 
Perrier, la justice refuse de suspendre la vente de l’eau gazeuse 

Le feuilleton qui oppose Nestlé Waters à l’UFC-Que Choisir a connu un nouveau rebondissement à Nanterre, où la justice a estimé qu’aucun danger imminent ne justifiait l’arrêt de la commercialisation des bouteilles Perrier sous l’appellation « eau minérale naturelle ». Cette décision, rendue alors que l’entreprise attend toujours de nouvelles autorisations préfectorales pour exploiter ses forages, maintient sur le marché une eau dont l’étiquetage est contesté depuis près de deux ans, sur fond de soupçons de traitements interdits et de tensions entre industriels. L’association de consommateurs avait demandé une interdiction immédiate, considérant que la microfiltration appliquée par le groupe n’était pas compatible avec le statut d’eau minérale. Pour elle, le procédé utilisé modifiait le microbisme naturel et faussait l’information donnée au public. Le tribunal a pourtant rejeté ces accusations, estimant que rien ne démontrait un risque sanitaire pour les consommateurs. L’UFC-Que Choisir, condamnée à régler cinq mille euros à Nestlé Waters pour frais de justice, a dénoncé un jugement incompréhensible au regard des révélations qui ont marqué le dossier depuis son origine.

Une bataille autour de la définition même de l’eau minérale naturelle

L’affaire a démarré lorsque Nestlé Waters a reconnu avoir recouru à des traitements comme le charbon ou les ultraviolets, pratiques proscrites pour les eaux minérales. Face aux critiques, le groupe a mis en avant un plan de transformation validé par le gouvernement et mis en œuvre en 2024, reposant sur une microfiltration à 0,2 micron. Les autorités sanitaires ont ensuite jugé que ce niveau modifiait trop fortement les caractéristiques microbiologiques de l’eau, poussant le préfet à imposer une filtration plus large, à 0,45 micron. Cette dernière, parfois tolérée pour des motifs précis comme le retrait du fer ou du manganèse, devait servir de cadre transitoire en attendant de nouvelles autorisations d’exploitation. Les préfets n’ayant pas encore statué, les associations estiment que la commercialisation actuelle s’appuie sur un statut contestable. Le groupe répond qu’une vaste campagne d’information est menée depuis juin dans la presse et les grandes surfaces afin de préciser que certaines eaux, dont Perrier, Contrex et Hépar, pourraient ne plus être considérées comme minérales naturelles selon l’analyse des autorités. Pour Nestlé Waters, cette transparence préserve la confiance du public, tandis que ses opposants dénoncent une communication destinée à éviter toute sanction immédiate.

Un secteur divisé et des ventes qui résistent malgré la polémique

L’affaire dépasse désormais Perrier et met en lumière une fracture entre industriels. Un syndicat rassemblant plusieurs concurrents français, dont Danone, publie depuis quelques semaines une campagne rappelant que l’appellation « eau minérale naturelle » repose sur l’absence de traitement susceptible de modifier la composition originelle. Ils affirment que cette pureté ne souffre aucun compromis et reprochent implicitement à Nestlé Waters de chercher à assouplir les règles. Pour eux, les filtres au cœur de la procédure d’autorisation ne répondent pas aux exigences actuelles de la réglementation. Sur le terrain commercial, le scandale n’a pas eu l’impact redouté par certains observateurs. Les bouteilles classiques continuent de trouver preneur, avec un nombre de foyers acheteurs stable et même une progression sur le dernier trimestre, profitant d’une météo favorable à la consommation d’eau gazeuse. Seule la gamme Perrier fines bulles enregistre un recul, conséquence directe de la suspension de plusieurs forages depuis le début des révélations. Le groupe affirme néanmoins vendre toute sa production disponible. La bataille judiciaire et réglementaire se poursuit en attendant les décisions préfectorales concernant l’exploitation des sources. Leur verdict conditionnera la suite de l’étiquetage et pourrait relancer un débat qui oppose depuis deux ans règles sanitaires, exigences de transparence et intérêts économiques d’un marché fortement concurrentiel.

Que retenir rapidement ?

Le feuilleton qui oppose Nestlé Waters à l’UFC-Que Choisir a connu un nouveau rebondissement à Nanterre, où la justice a estimé qu’aucun danger imminent ne

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