Paris traque les faux salons de massage : la lutte s’intensifie
Paris traque les faux salons de massage : la lutte s’intensifie

Une opération de contrôle menée ce mardi dans le XVIIe arrondissement de Paris a mis au jour une activité suspectée de prostitution déguisée dans plusieurs salons de massage. Mobilisant policiers, agents de l’Urssaf et des Finances publiques, l’intervention s’inscrit dans une série d’actions initiées par le gouvernement dans le cadre d’une circulaire interministérielle pilotée par la ministre Aurore Bergé. L’objectif : éradiquer les réseaux de traite humaine opérant sous couvert d’activités bien-être. Dans l’un des établissements contrôlés, un client a été surpris nu, en présence de la responsable des lieux, un préservatif usagé à proximité. Si les deux protagonistes ont nié toute implication dans la prostitution, ils ont été auditionnés. Dans un autre salon, une employée sans titre de séjour a été identifiée. Selon le préfet de police Laurent Nuñez, près de 70 contrôles similaires ont été menés à Paris depuis le début de l’année, et le rythme devrait s’intensifier.

Des réseaux ancrés et difficiles à démanteler

La présence de ces établissements, souvent signalés par les riverains, est particulièrement visible dans certains quartiers. À la rue Legendre, plusieurs locaux ont déjà été reconvertis en salons suspects, alimentant l’inquiétude du voisinage. Les témoignages décrivent des allées et venues discrètes, des clientes à l’apparence abattue, et une atmosphère opaque derrière les vitrines occultées. L’association Zéro Macho recense 425 établissements suspects dans la capitale, un chiffre en constante augmentation. Face à la difficulté de prouver les faits de proxénétisme, les autorités privilégient souvent des fermetures administratives pour irrégularités fiscales. Trois salons ont ainsi été fermés depuis janvier et sept autres sont en cours de procédure. La mairie du XVIIe plaide pour une meilleure vigilance des bailleurs commerciaux, afin d’éviter que les commerces vacants soient récupérés par ces réseaux. Pour les femmes identifiées comme victimes, la ministre Aurore Bergé promet un accompagnement vers la réinsertion et un soutien financier. « On ne va pas les expulser », assure-t-elle, rappelant que l’objectif est de frapper les réseaux, pas les exploitées. Elle dénonce « une forme d’esclavage moderne » et promet que les contrôles se poursuivront jusqu’à ce que ces lieux soient éradiqués.

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