Un incendie volontaire a ciblé dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 mai la maison d’un couple de surveillants pénitentiaires à Liancourt (Oise). Le feu a pris sur la façade extérieure du pavillon, aux alentours d’une heure du matin, sans faire de victime mais causant des dégâts visibles. Une forte odeur d’essence a été détectée par les premiers intervenants et des bidons ont été retrouvés à proximité, confirmant la nature criminelle de l’acte. Les deux agents, indemnes, sont affectés au centre pénitentiaire de la commune. Le parquet de Beauvais a immédiatement ouvert une enquête pour « dégradation d’un bien par un moyen dangereux pour les personnes, commise en raison de la qualité de personnes dépositaires de l’autorité publique ». L’affaire a été confiée à la brigade de recherches de Clermont.
Un climat de tension croissante autour des personnels pénitentiaires
Cet incident s’inscrit dans une série d’actes hostiles visant les surveillants pénitentiaires. Deux semaines plus tôt, une voiture avait été taguée à Liancourt avec la mention « DDPF » – sigle pour « Défense des droits des prisonniers français » – tandis qu’une autre agente, dans la Somme, avait retrouvé son véhicule vandalisé. Si aucun tag n’a été relevé cette fois à Liancourt, le mode opératoire suscite des inquiétudes sur une possible coordination d’actions ciblées contre les agents. En signe de solidarité, les surveillants du centre pénitentiaire de Liancourt ont retardé leur prise de poste le 6 mai au matin. Les syndicats appellent à une réaction ferme face à ce qu’ils qualifient d’intimidations répétées.