Six plaintes, une mise en examen, un contrôle judiciaire… et pourtant, le médecin continue d’exercer. Accusé d’agressions sexuelles par six anciennes patientes entre 2014 et 2023, un ex-ORL de Vannes (Morbihan) reste en activité comme médecin du travail à Fontenay-le-Comte, en Vendée. Officiellement interdit d’exercer en tant qu’ORL, il conserve son droit de porter une blouse blanche. Les plaignantes décrivent un même scénario : déshabillage sans justification, palpations de la poitrine au stéthoscope, et propos ambigus sur le physique. Des gestes qu’elles jugent déplacés, des paroles qu’elles interprètent comme du harcèlement.
Défense technique et ligne floue
L’avocat du médecin, Me Olivier Couëspel du Mesnil, évoque une spécialisation en apnée du sommeil, justifiant selon lui un examen élargi à la sphère pulmonaire ou cardiaque. Quant aux compliments, il parle d’un « malentendu » selon la sensibilité de la patiente, visant à rassurer avant un appareillage. Une défense qui divise, tant les accusations s’accumulent. Sous contrôle judiciaire, le praticien n’a plus le droit d’exercer comme ORL, mais aucune interdiction générale d’exercer la médecine n’a été prononcée. Il reste donc en poste en médecine du travail, au contact de salariés. La situation soulève une zone grise judiciaire : comment garantir la sécurité des patients lorsqu’un professionnel mis en cause pour des faits graves reste autorisé à pratiquer dans une autre spécialité ? Une question que ni les autorités de santé ni la justice n’ont, pour l’instant, tranchée.