Un nouveau rapport accablant relance le débat sur les violences sexuelles au sein de l’Église catholique italienne. Selon un groupe de victimes, près de 4 400 personnes auraient été abusées par des membres du clergé en Italie, un chiffre inédit révélé vendredi et fondé sur des témoignages de survivants, des documents judiciaires et des enquêtes journalistiques.
Le collectif, composé de survivants et de militants pour la transparence ecclésiale, précise que la majorité des victimes étaient des hommes et des mineurs au moment des faits. Si ce recensement n’a pas de valeur officielle, il illustre l’ampleur d’un phénomène longtemps passé sous silence dans un pays où l’Église conserve une influence institutionnelle considérable.
Ce rapport intervient une semaine après que la commission du Vatican sur la protection des mineurs a publiquement critiqué la Conférence épiscopale italienne, l’accusant d’« inertie morale » et d’« opacité systémique ». Les évêques italiens sont reprochés de n’avoir toujours pas commandé d’enquête indépendante, contrairement à la France, à l’Allemagne ou au Portugal.
Face à la pression croissante, le pape Léon XIII a exhorté récemment les évêques à ne plus dissimuler les allégations de mauvaise conduite et à collaborer pleinement avec la justice civile. Une déclaration perçue comme un tournant historique dans un contexte où la hiérarchie italienne a souvent préféré le silence aux révélations publiques.
Pour les associations de victimes, ce chiffre de 4 400 n’est qu’un point de départ. « Nous estimons que le nombre réel de personnes abusées dépasse probablement les 10 000 sur plusieurs décennies », déclare l’un des porte-parole du groupe. L’enjeu, désormais, est de briser une culture d’omerta encore très présente dans les diocèses italiens.