L’organisation humanitaire américaine World Central Kitchen (WCK) a annoncé mercredi l’interruption de ses opérations dans la bande de Gaza, invoquant un manque critique de fournitures et des obstacles persistants à l’acheminement de l’aide. « Après avoir servi plus de 130 millions de repas et 26 millions de pains au cours des 18 derniers mois, World Central Kitchen n’a plus les fournitures nécessaires pour cuisiner des repas ou faire du pain à Gaza », a déclaré l’ONG dans un message publié sur le réseau social X.
Cette suspension intervient alors qu’Israël fait face à une pression internationale croissante pour assouplir son blocus de l’aide humanitaire à Gaza. Ce blocus a été renforcé en mars, à la suite de l’effondrement d’un cessez-le-feu temporaire négocié sous l’égide des États-Unis, qui avait permis une trêve de deux mois dans les combats entre l’armée israélienne et le Hamas.
Israël accuse plusieurs agences, y compris les Nations Unies, de ne pas empêcher le détournement de l’aide humanitaire par le Hamas. Selon l’État hébreu, des stocks destinés aux civils seraient saisis par le groupe islamiste pour soutenir son effort militaire. Ces accusations sont fermement rejetées par les ONG opérant sur le terrain, qui dénoncent des restrictions d’accès croissantes et une situation humanitaire catastrophique.
Fondée par le chef étoilé José Andrés, World Central Kitchen s’est imposée comme l’un des acteurs majeurs de la réponse alimentaire à Gaza depuis le début du conflit. Son engagement a toutefois été durement éprouvé : en avril 2024, une frappe israélienne a tué sept de ses collaborateurs lors d’une mission humanitaire, un événement qui avait suscité une vague d’indignation internationale. Un autre membre de l’organisation avait déjà été tué lors d’une précédente attaque en novembre 2023. Israël avait alors affirmé qu’il s’agissait d’un militant, une version contestée par l’ONG.
L’arrêt des activités de WCK risque d’aggraver encore davantage l’insécurité alimentaire dans l’enclave palestinienne, où des millions de civils dépendent quotidiennement de l’aide humanitaire pour survivre.