Le tribunal correctionnel de Meaux a rendu son jugement hier mardi 9 septembre dans l’affaire Equalis, qui secoue depuis trois ans le secteur humanitaire. Arthur Anane, 64 ans, ancien directeur de l’association basée à Mareuil-lès-Meaux, a été reconnu coupable de détournements de fonds publics et condamné à trois ans de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende, cinq ans d’inéligibilité et une interdiction d’exercer une fonction publique.
Un train de vie financé par l’argent public
L’affaire avait éclaté en 2022 après des révélations sur le salaire de près de 15 000 euros par mois de l’ancien dirigeant, ses avantages (voiture de luxe, logement, repas) et des dépenses jugées indécentes dans une structure dont plus de 90 % du budget provenait de fonds publics. Equalis, qui aide 14 000 personnes sans-abri, mineurs isolés ou enfants placés grâce à ses 700 salariés, s’est constituée partie civile. Le procureur avait requis cinq ans de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et la confiscation de ses biens. Le tribunal a retenu certains faits, comme l’usage abusif des fonds, mais a relaxé le prévenu sur les indemnités contestées d’un salarié et sur les séminaires onéreux, considérés comme relevant davantage d’une faute de gestion que d’un délit.
Un appel annoncé
Outre sa condamnation pénale, Arthur Anane devra verser plus de 440 000 euros à Equalis, auxquels s’ajoutent 20 000 euros de préjudice moral, et 1 000 euros à l’association Anticor. Son appartement parisien a été confisqué, mais pas sa maison de Chessy. Les deux autres prévenus du dossier ont été relaxés. À la sortie de l’audience, l’ancien directeur, impassible, a annoncé son intention de faire appel, assurant que « le feuilleton n’est pas terminé ». Une manière de prolonger un scandale qui ternit durablement l’image de l’association et interroge sur le contrôle de l’usage de l’argent public dans le secteur social.