Des milliers de manifestants antigouvernementaux, conduits par des étudiants, ont défilé samedi dans les rues de Belgrade pour réclamer que les responsables de deux drames survenus un an plus tôt soient enfin traduits en justice. La mobilisation, pacifique mais déterminée, marque le premier anniversaire du mouvement né après l’effondrement meurtrier de la verrière de la gare de Novi Sad et l’attaque violente contre une manifestation étudiante.
Le 1er novembre 2024, l’effondrement du toit de la gare de Novi Sad, dans le nord du pays, avait provoqué la mort de 16 personnes et suscité une onde de choc en Serbie. Ce drame, attribué par de nombreux citoyens à la corruption et à la négligence dans les travaux publics, avait déclenché une mobilisation nationale portée par des étudiants, des professeurs et des citoyens en colère face à l’impunité perçue.
Peu après, une manifestation étudiante commémorant la tragédie avait été violemment dispersée, renforçant le sentiment d’exaspération contre les autorités. Depuis, le mouvement réclame davantage de transparence, la fin des pratiques jugées opaques dans la gestion publique et des poursuites contre les responsables directs et indirects.
Ces protestations, largement pacifiques, ont contribué à fragiliser le pouvoir du président Aleksandar Vučić, au pouvoir depuis treize ans. Les participants accusent son gouvernement de ne pas avoir fait toute la lumière sur les circonstances du drame ni de sanctionner les responsables.
Alors que les manifestations se poursuivent, les étudiants promettent de maintenir la pression jusqu’à ce que justice soit faite et que des réformes concrètes soient engagées pour prévenir de nouvelles tragédies.