Certains corses très réticents à l’idée de déposer les armes
Certains corses très réticents à l’idée de déposer les armes

La collecte d’armes organisée en Corse du 28 avril au 4 mai 2025 n’aura pas permis de vider significativement les armoires à fusils. Pourtant, le préfet de l’île, Jérôme Filippini, se veut optimiste. Sur la semaine, 96 armes à feu et environ 4 300 munitions ont été déposées volontairement dans les commissariats et brigades de gendarmerie. Un résultat modeste, mais que le représentant de l’État qualifie de « plutôt encourageant ».

Un objectif de prévention avant tout

L’opération visait à inciter les Corses à restituer des armes conservées souvent illégalement ou sans réelle nécessité, à des fins de prévention. « Nous ne sommes pas naïfs, nous ne nous attendions pas à ce que des criminels viennent déposer leurs armes dans les commissariats », concède le préfet. L’objectif réel portait sur les armes dites « intra-familiales », potentiellement dangereuses en cas de conflits domestiques ou de drames imprévus. Deux faits récents sont venus appuyer cette stratégie : un cambriolage au cours duquel onze pistolets ont été volés et une affaire de violences conjugales ayant mis au jour un arsenal de six fusils au domicile du mis en cause. En comparaison, l’opération nationale de 2022 avait permis de collecter 268 armes et 5 400 munitions sur l’île. Mais la préfecture explique ce contraste par un « calendrier peu favorable » et une campagne de communication locale, moins visible qu’à l’échelle nationale.

Une île surarmée selon les chiffres officiels

La Corse reste l’un des territoires les plus concernés par la détention d’armes. En 2024, les services de l’État recensaient 16 443 détenteurs légaux d’armes pour la chasse ou le tir sportif. Cela représente un taux de 350 pour 1 000 habitants, soit 2,5 fois la moyenne nationale. Et ce, sans compter les détentions non déclarées. Huit homicides par arme à feu ont déjà été enregistrés depuis le début de l’année sur l’île. Malgré le faible volume de saisies, le préfet Jérôme Filippini maintient que cette action entre pleinement dans son plan de lutte contre la violence armée, dont la réduction de la détention illégale est l’un des cinq axes prioritaires.

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