Bébé mort à Sarrebourg : les parents en garde à vue pour homicide volontaire
Bébé mort à Sarrebourg : les parents en garde à vue pour homicide volontaire

Un nourrisson de quatre mois est mort avant-hier lundi 21 juillet au CHRU de Nancy, où il avait été transporté en urgence après une hospitalisation initiale à Sarrebourg. Le drame a rapidement pris une tournure judiciaire : les parents, un homme et une femme dans la vingtaine, ont été placés en garde à vue pour « homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans par ascendant ». Une accusation grave qui s’appuie sur des antécédents déjà préoccupants.

Un passé déjà entaché de soupçons de violences

Le bébé avait été admis à l’hôpital dans un état critique. Un hématome visible sur une tempe a éveillé les soupçons du personnel médical. L’enfant a été aussitôt héliporté vers Nancy, mais n’a pas survécu. Très vite, la piste d’un acte volontaire a été envisagée. Le parquet a confirmé que les parents faisaient déjà l’objet d’une enquête pénale pour des suspicions de violences, ouverte quelques semaines après la naissance de l’enfant. En avril, alors âgé de seulement dix jours, le nourrisson avait déjà été hospitalisé à la suite d’une fracture. Les parents avaient alors évoqué un accident domestique. La justice avait toutefois jugé la situation suffisamment sérieuse pour retirer temporairement l’enfant de leur garde. Le bébé avait été placé jusqu’au 11 juillet, avant d’être rendu à la mère par décision du tribunal pour enfants, sous conditions strictes.

Un contrôle éducatif renforcé resté sans effet

La restitution du nourrisson à sa mère s’accompagnait d’une série d’obligations imposées par la juridiction, avec un suivi renforcé des services éducatifs. Malgré ce dispositif, le drame s’est produit moins de deux semaines après le retour de l’enfant au domicile familial. Le couple, domicilié à Sarrebourg, n’a pas d’autre enfant. Selon la vice-procureure de Metz, Élise Bozzolo, les investigations se poursuivent pour établir les circonstances précises du décès. Les enquêteurs s’attachent désormais à déterminer si les blessures observées sont compatibles avec des actes de maltraitance récents, et à quel moment elles ont été infligées. L’émotion est vive dans la commune de Sarrebourg, où les habitants découvrent qu’un nourrisson déjà repéré par la justice et les services sociaux a pu mourir dans de telles conditions. L’affaire pose une nouvelle fois la question de l’efficacité du suivi judiciaire et éducatif dans les situations à risque.

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