Après le meurtre de Mélanie, 77 % des Français veulent supprimer l’excuse de minorité pour les crimes graves
Après le meurtre de Mélanie, 77 % des Français veulent supprimer l’excuse de minorité pour les crimes graves

Le drame de Nogent, où une surveillante de collège a été poignardée à mort par un élève de 14 ans, a ravivé une question explosive : faut-il continuer à appliquer l’excuse de minorité pour les crimes les plus violents ? Selon un sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD, 77 % des Français estiment qu’il faut suspendre cette mesure protectrice pour les mineurs en cas d’actes graves comme les homicides ou les violences physiques.

Un rejet massif de la clémence automatique pour les mineurs

L’excuse de minorité, qui atténue la responsabilité pénale des auteurs en fonction de leur âge, est de plus en plus contestée. L’étude révèle un soutien très large à sa suppression temporaire pour les crimes graves, chez les hommes (78 %), comme chez les femmes (77 %). Les jeunes de 18 à 24 ans sont les plus fermes, avec 82 % d’adhésion. La position est partagée dans toutes les catégories sociales et professionnelles, avec un soutien équivalent entre CSP+ et CSP-.

Sur le plan politique, le clivage est plus marqué. 85 % des sympathisants du Rassemblement national y sont favorables, tout comme 83 % des soutiens de la majorité présidentielle. À gauche, la mesure divise davantage, notamment au sein du Parti socialiste, où seuls 62 % l’approuvent.

Ce chiffre de 77 % est en légère baisse par rapport à un pic de 81 % en février dernier. Mais il confirme une tendance lourde : l’attente croissante d’un durcissement de la justice des mineurs, dans un contexte de violences juvéniles qui suscitent colère et incompréhension dans l’opinion.

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