C’est une affaire qui glace parce qu’elle se déroule là où l’on vient chercher du soin, pas du danger. À Reims, un psychiatre de 51 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire pour des faits visant plusieurs patientes, a annoncé le procureur de la République François Schneider. Dans le dossier, les qualifications évoquées sont lourdes: un viol, au moins cinq agressions sexuelles et dix faits de harcèlement sexuel.
Dans le détail, le médecin exerçait notamment à l’Établissement de Santé Mentale de Reims. En garde à vue, il a nié l’ensemble des accusations et affirmé n’avoir eu « aucune attitude déplacée » envers ses patientes. Une perquisition a été menée au cabinet du praticien, tandis que l’enquête cherche à établir l’ampleur et la chronologie des faits rapportés.
Tout avait pourtant commencé plus tôt, sur un signalement institutionnel. Le parquet rappelle que le conseil départemental de la Marne de l’Ordre des médecins avait alerté la justice dès mai 2025, évoquant des faits de nature sexuelle concernant au moins cinq patientes, dont un acte pouvant relever du viol. Quand la suspicion touche un soignant, la justice avance avec prudence mais elle avance, et les circonstances aggravantes liées à la fonction sont déjà retenues, avec une peine encourue pouvant aller jusqu’à 20 ans de réclusion pour le viol.
665 patientes contactées, une parole qui déborde
665 patientes contactées, une parole qui déborde Les enquêteurs ont pris une décision rare par son ampleur: contacter l’ensemble de la patientèle féminine du praticien, soit 665 personnes. Un nombre important de femmes ont répondu, et une majorité a évoqué « des faits de nature sexuelle de tout ordre », selon le communiqué du procureur. Certaines ont aussi décrit des prescriptions d’anxiolytiques, d’hypnotiques ou d’antidépresseurs à fortes doses, jugées sans justification médicale et avec des conséquences lourdes sur leur quotidien.
Une patiente a notamment déclaré avoir perdu connaissance en consultation après la prise d’un anxiolytique, avant de reprendre ses esprits pendant un viol présumé, toujours selon le parquet. Deux plaintes supplémentaires déposées pendant la garde à vue sont en cours de traitement. À ce stade, l’enquête doit encore croiser les récits, vérifier les éléments matériels et replacer chaque accusation dans un cadre médical et pénal précis.
L’affaire ne s’arrête pas aux frontières de Reims. Des vérifications doivent être menées dans l’Aisne, où le psychiatre a exercé auparavant, signe que les enquêteurs cherchent à comprendre si le scénario s’est répété ailleurs. Reste maintenant la suite judiciaire, longue, exigeante, souvent éprouvante pour celles qui parlent, et qui dira si la confiance, une fois rompue dans un cabinet, peut se reconstruire à coups de vérité et de procédures.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.