Les États-Unis ont vivement réprimandé Cuba dimanche, accusant le gouvernement de La Havane d’entraver le travail de leur plus haut représentant diplomatique sur l’île après que de petits groupes de manifestants ont hué celui-ci lors de rencontres avec des habitants et des représentants de l’Église, hors de la capitale.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le département d’État américain a dénoncé des « tactiques d’intimidation ratées » et exigé que Cuba cesse d’« envoyer des individus interférer avec le travail diplomatique » de Mike Hammer, chargé d’affaires des États-Unis à Cuba. Cet épisode intervient dans un climat de tensions croissantes entre les deux pays.
Les relations se sont encore dégradées après que le président Donald Trump a qualifié la semaine dernière Cuba de « menace inhabituelle et extraordinaire » pour la sécurité nationale américaine. Il a également annoncé son intention d’imposer des droits de douane à tout pays fournissant du pétrole à l’île communiste. Dimanche, Donald Trump a décrit Cuba comme « un pays en déclin », tout en affirmant penser qu’un accord restait possible avec La Havane.
Diplomate de carrière arrivé à Cuba fin 2024, Mike Hammer a multiplié les déplacements à travers le pays pour rencontrer des dissidents politiques, des représentants de l’Église catholique et d’autres acteurs de la société civile. Les autorités cubaines l’accusent de chercher à provoquer des troubles et de s’ingérer dans les affaires intérieures du pays.
Samedi, le diplomate a diffusé une vidéo dans laquelle il décrit un épisode de harcèlement survenu à l’issue d’une réunion avec des responsables religieux. « En quittant la paroisse, quelques communistes, probablement frustrés par le mauvais déroulement de la révolution, m’ont insulté », y affirme-t-il. Par la suite, d’autres vidéos ont circulé, montrant de petits groupes de personnes l’interpeller dans deux lieux différents lors de coupures de courant nocturnes, en criant notamment « Assassin ! » et « Impérialiste ! ».
Reuters n’a pas été en mesure d’identifier les personnes apparaissant dans ces images, et le gouvernement cubain n’a pas réagi publiquement à leur diffusion. L’an dernier, le ministère cubain des Affaires étrangères avait déjà protesté auprès de Mike Hammer contre un comportement jugé « interventionniste », l’accusant d’inciter des citoyens à commettre des crimes et à s’en prendre à l’État, des accusations rejetées par l’ambassade américaine.
En froid depuis la révolution de Fidel Castro en 1959, les deux voisins traversent une nouvelle phase de crispation. La grave crise économique que connaît Cuba, conjuguée au durcissement de la politique américaine sous l’administration Trump, a récemment ravivé des tensions déjà anciennes entre Washington et La Havane.