Le chef du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, 84 ans, a entamé une grève de la faim en prison, rejoignant deux autres figures de l’opposition tunisienne détenues, Jawhar Ben Mbarek et Issam Chebbi, ont annoncé samedi leurs avocats.
Les trois hommes protestent contre ce qu’ils qualifient d’« emprisonnement injuste » et dénoncent la dérive autoritaire du président Kais Saied. « Ghannouchi refuse de se soumettre à des juges qui obéissent aux ordres du pouvoir exécutif », a déclaré son avocat, rappelant que l’ancien président du Parlement purge actuellement une peine de 37 ans de prison pour financement étranger illégal et complot contre l’État.
L’état de santé de Jawhar Ben Mbarek, en grève de la faim depuis plusieurs jours, inquiète particulièrement sa famille et les défenseurs des droits humains, qui affirment qu’il refuse tout traitement médical. Son avocate, Dalila Ben Mbarek, a rapporté que son client lui avait déclaré vouloir quitter la prison « libre ou mort ».
Les autorités pénitentiaires tunisiennes ont démenti toute dégradation de l’état de santé des prisonniers, affirmant qu’ils restaient « sous surveillance médicale » et dans un état « normal et stable ».
Depuis 2021, le président Kais Saied a dissous le Parlement et gouverne par décret, affirmant agir pour « sauver la Tunisie du chaos ». L’opposition et plusieurs ONG, dont Amnesty International, dénoncent pour leur part une répression politique systématique ayant conduit à l’arrestation de la quasi-totalité des chefs de partis d’opposition.
Les avocats et proches des détenus accusent Saied d’avoir transformé la Tunisie en « prison à ciel ouvert », tandis que les tensions politiques et sociales continuent de s’aggraver dans le pays.