Trump affirme que la répression en Iran recule, tandis que des experts mettent en garde contre une intervention militaire
Trump affirme que la répression en Iran recule, tandis que des experts mettent en garde contre une intervention militaire

Le président américain Donald Trump a déclaré que les meurtres liés à la répression des manifestations en Iran étaient en baisse et qu’il ne croyait pas à l’existence d’un plan d’exécutions massives de manifestants. Ses propos interviennent alors que les spéculations s’intensifient sur une possible intervention américaine, que de nombreux analystes et diplomates jugent risquée.

S’exprimant dans le Bureau ovale, Trump a assuré que Washington suivrait « de très près » l’évolution de la situation en Iran, sans exclure une action militaire. Ces déclarations ont ravivé les inquiétudes au Moyen-Orient, après plusieurs mises en garde du président américain contre les autorités iraniennes, accusées de réprimer l’un des mouvements de contestation les plus importants depuis la révolution islamique de 1979.

Des experts et des diplomates de la région estiment qu’une intervention militaire américaine pourrait produire l’effet inverse de celui recherché : étouffer les manifestations, renforcer la répression et déclencher des représailles iraniennes contre des bases américaines dans la région. Dans un scénario plus extrême, des frappes pourraient accélérer un effondrement du régime, plongeant le pays dans le chaos et exacerbant les tensions ethniques, notamment parmi les minorités kurdes et baloutches.

Plusieurs évaluations récentes du renseignement américain concluent toutefois que, malgré l’ampleur des manifestations, le pouvoir iranien ne serait pas au bord de l’effondrement. Selon des sources proches du dossier, ces analyses estiment que l’appareil sécuritaire reste suffisamment solide pour contenir la contestation à court terme.

Le bilan humain reste néanmoins lourd. Un responsable iranien évoque plus de 2 000 morts depuis le début des manifestations fin décembre, tandis qu’une organisation de défense des droits humains avance un chiffre supérieur à 2 600 victimes, que certains experts jugent encore sous-estimé.

Dans les pays arabes du Golfe, l’inquiétude est vive. Selon un diplomate régional, les gouvernements de la région craignent qu’éventuelles frappes américaines ne déstabilisent davantage le Moyen-Orient et appellent à la retenue, tant à Washington qu’à Téhéran. Cette nervosité a été accentuée par le retrait partiel de personnel américain de certaines bases, après des avertissements iraniens sur d’éventuelles représailles.

Tous ne partagent pas ces craintes. Abdullah Mohtadi, figure de l’opposition kurde iranienne en exil, estime que seules des frappes américaines significatives pourraient mettre fin aux massacres de manifestants. Il affirme que l’opposition pourrait s’unir pour remplacer le régime théocratique par un système démocratique.

Selon des sources proches de l’administration américaine, les conseillers de Trump étudient plusieurs options, allant de frappes limitées sur des cibles militaires symboliques à des mesures non militaires, comme l’interruption des flux financiers iraniens ou des cyberattaques. Des experts estiment que ces dernières pourraient affaiblir le régime sans provoquer une escalade immédiate.

Pour Washington, l’enjeu est aussi politique. Après avoir menacé à plusieurs reprises d’agir, Trump pourrait voir sa crédibilité entamée s’il n’intervenait pas face à la poursuite de la répression. Reste à savoir si une action, militaire ou non, renforcerait la contestation en Iran… ou la ferait taire.

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