La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a indiqué que sa visite en Éthiopie, prévue lundi, serait centrée sur la lutte contre l’augmentation du nombre de migrants originaires de la Corne de l’Afrique tentant de rejoindre le Royaume-Uni. Londres entend s’attaquer à la fois aux causes économiques de ces départs et aux réseaux criminels qui organisent les traversées illégales.
Selon Yvette Cooper, le développement de partenariats économiques et la création d’emplois en Éthiopie pourraient dissuader de nombreux candidats à l’exil. Elle a également souligné l’importance d’un renforcement de la coopération policière afin de démanteler les filières de passeurs et d’accélérer le retour des migrants qui n’ont pas le droit de rester sur le sol britannique.
« Nous travaillons ensemble pour lutter contre les facteurs économiques de l’immigration clandestine et contre les organisations criminelles qui opèrent à l’échelle mondiale et tirent profit du trafic d’êtres humains », a déclaré la ministre dans un communiqué. Elle a ajouté que ces efforts passaient par de nouveaux partenariats commerciaux destinés à créer « des milliers d’emplois de qualité » en Éthiopie, afin d’offrir des perspectives locales et d’éviter des « voyages périlleux ».
La question de l’immigration clandestine est devenue un enjeu politique majeur au Royaume-Uni. Les gouvernements successifs ont tenté d’enrayer les arrivées illégales, un sujet qui a contribué à la montée dans les sondages du parti Reform UK du militant populiste Nigel Farage.
D’après le ministère britannique des Affaires étrangères, environ 30 % des personnes ayant traversé la Manche à bord de petites embarcations au cours des deux dernières années étaient originaires d’Éthiopie, d’Érythrée, de Somalie ou du Soudan, illustrant le poids croissant de cette région dans les flux migratoires vers le Royaume-Uni.
Dans le cadre de sa visite, Yvette Cooper doit signer un accord avec les autorités éthiopiennes afin de faire avancer deux projets de transport d’énergie portés par Gridworks, une structure d’investissement britannique, dans l’objectif de soutenir la création d’emplois. Elle devrait également annoncer un financement de 17 millions de livres sterling destiné à lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles.
Ce soutien britannique comprendra en outre une aide à 68 000 enfants souffrant de malnutrition ainsi que des projets en faveur des personnes déplacées, combinant ainsi objectifs humanitaires et stratégie migratoire dans une région marquée par l’instabilité et la pauvreté.