Le Venezuela prépare une loi d’amnistie et promet la reconversion de la prison d’El Helicoide (AP)
Le Venezuela prépare une loi d’amnistie et promet la reconversion de la prison d’El Helicoide (AP)

Le gouvernement vénézuélien prévoit de présenter un projet de loi d’amnistie visant des centaines de détenus et d’anciens prisonniers, tout en annonçant la transformation du centre de détention d’El Helicoide, à Caracas, en complexe sportif et social.

La présidente par intérim Delcy Rodriguez a déclaré que cette loi devait « contribuer à panser les plaies laissées par l’affrontement politique, la violence et l’extrémisme », lors d’un événement organisé à la Cour suprême de justice. Le texte concernerait des affaires remontant à 1999, tout en excluant les personnes impliquées dans des homicides, de graves violations des droits humains ou le trafic de stupéfiants.

Selon l’ONG de défense des droits humains Foro Penal, 711 prisonniers politiques resteraient actuellement détenus dans le pays. L’organisation a accueilli l’annonce « avec optimisme, mais aussi avec prudence », appelant à la poursuite des libérations pendant l’examen parlementaire du projet de loi. Elle affirme avoir confirmé la libération de 303 prisonniers politiques depuis le 8 janvier, date à laquelle le gouvernement a annoncé une nouvelle vague de remises en liberté.

Les autorités, qui nient détenir des prisonniers politiques, avancent de leur côté un chiffre supérieur à 600 libérations, incluant toutefois des remises en liberté intervenues les années précédentes, sans fournir de liste officielle ni de calendrier précis.

Parallèlement, Delcy Rodriguez a annoncé la reconversion de El Helicoide, un site emblématique de la répression dénoncé de longue date par les organisations de défense des droits humains. Initialement conçu comme un centre commercial, l’édifice doit être transformé en centre sportif et de services sociaux. En 2022, un rapport des Nations unies avait accusé les services de sécurité vénézuéliens d’y avoir pratiqué la torture, des conclusions rejetées par le gouvernement.

Les familles de détenus réclament depuis des années l’abandon des charges pesant sur des opposants politiques, journalistes, militants et membres dissidents des forces de sécurité, souvent poursuivis pour terrorisme ou trahison. Ces dernières semaines, des proches ont organisé des veillées devant El Helicoide pour exiger des libérations.

Figure de l’opposition, Maria Corina Machado a estimé que la future loi d’amnistie n’était pas le fruit d’une initiative volontaire du pouvoir, mais la conséquence de pressions exercées par les États-Unis. Elle a dit espérer que les détenus puissent rapidement retrouver leurs familles.

Ces annonces interviennent après la capture, début janvier, de Nicolas Maduro par les États-Unis et son transfert à New York pour répondre à des accusations de narcoterrorisme, qu’il conteste. Le gouvernement vénézuélien lie les récentes libérations à ce contexte, tandis que Washington a annoncé vendredi que tous les citoyens américains détenus au Venezuela avaient été relâchés.

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