Les autorités mexicaines ont remis à sa famille le corps de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », tué la semaine dernière lors d’une opération de l’armée, a annoncé samedi le parquet général dans un bref message publié sur le réseau X. La restitution a eu lieu après l’achèvement des « protocoles procéduraux nécessaires ».
Selon le ministère public, des tests génétiques ont été réalisés afin de confirmer l’existence de liens de parenté entre la personne ayant demandé la dépouille et le défunt. « El Mencho » était considéré comme le chef du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), l’une des organisations criminelles les plus puissantes et les plus dynamiques du pays depuis son émergence autour de 2009.
La mort du narcotrafiquant le plus influent du Mexique a déclenché une vague de violences de représailles dans une vingtaine d’États. Plus de 70 personnes ont été tuées, alimentant les craintes d’une déstabilisation durable. Ces troubles interviennent alors que le pays se prépare à accueillir la Coupe du monde de la FIFA 2026, un événement majeur pour le secteur touristique.
Pour David Mora, analyste senior au sein de l’International Crisis Group, la restitution du corps à la famille ne devrait pas, en elle-même, raviver les violences. « La violence qui va suivre se manifestera différemment », estime-t-il, évoquant la probable réorganisation du cartel après la disparition de son chef et d’éventuelles luttes de territoire entre groupes criminels rivaux.
Le département d’État américain offrait jusqu’à 15 millions de dollars de récompense pour toute information menant à l’arrestation d’« El Mencho ». En février 2025, l’administration Trump avait classé le CJNG parmi les organisations terroristes étrangères. La mort du chef du cartel constitue ainsi un succès majeur pour le gouvernement mexicain, qui cherche à démontrer sa détermination à lutter contre les cartels dans un contexte de coopération renforcée avec Washington.