La coalition dirigée par le Premier ministre irakien Mohammed Shia al-Sudani est arrivée en tête des élections législatives de mardi, selon deux responsables de la commission électorale cités par Reuters. Ce résultat conforte le dirigeant sortant, qui brigue un second mandat dans un pays encore marqué par la corruption, la stagnation économique et l’influence des factions armées.
Le scrutin, organisé le 11 novembre, a enregistré un taux de participation de 56,1 %, en hausse par rapport aux précédentes élections. Mais pour de nombreux jeunes Irakiens, désillusionnés par des décennies d’instabilité et de promesses non tenues, le vote a surtout symbolisé le maintien du statu quo. Beaucoup estiment que les partis dominants continuent de se partager les richesses pétrolières du pays sans améliorer les conditions de vie de la population.
Mohammed Shia al-Sudani, arrivé au pouvoir en 2022 avec le soutien de la coalition chiite Cadre de coordination, s’est efforcé durant la campagne de se présenter comme un réformateur indépendant, promettant de réduire la corruption et de relancer l’économie grâce aux revenus du pétrole. Il a aussi cherché à rassurer les partenaires occidentaux tout en maintenant des relations étroites avec l’Iran, dont l’influence demeure déterminante à Bagdad.
Aucun parti n’ayant obtenu la majorité absolue des 329 sièges du parlement, la formation d’un nouveau gouvernement passera, comme souvent en Irak, par un long processus de négociations et d’alliances entre blocs politiques. Ce marchandage, qui peut durer plusieurs mois, sera décisif pour déterminer si Sudani pourra former une nouvelle coalition stable ou si l’Irak s’engagera dans une nouvelle période d’incertitude politique.
Ces élections, les premières depuis la fin du mandat parlementaire en 2021, étaient considérées comme un test majeur pour le Premier ministre, confronté à la défiance d’une jeunesse frustrée par le chômage et les pénuries chroniques de services publics dans un pays pourtant riche en ressources énergétiques.