Groenland : Washington invoque la « faiblesse » européenne pour justifier ses ambitions, le Congrès s’inquiète
Groenland : Washington invoque la « faiblesse » européenne pour justifier ses ambitions, le Congrès s’inquiète

Les États-Unis auraient besoin de contrôler le Groenland en raison de la « faiblesse » de l’Europe afin de garantir la stabilité mondiale, a déclaré le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent. Cette prise de position intervient alors que des voix s’élèvent au Congrès contre les efforts de l’administration de Donald Trump pour acquérir ce territoire arctique autonome relevant du Danemark.

S’exprimant sur NBC, Scott Bessent a comparé la question du Groenland à une partie d’échecs géopolitique opposant Washington à la Russie et à la Chine. Il a tenu ces propos au lendemain de la menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane à des pays européens opposés à une acquisition américaine, dont le Danemark, allié de longue date des États-Unis. « Les Européens projettent une image de faiblesse. Les États-Unis projettent une image de force », a affirmé Bessent.

Selon le secrétaire au Trésor, les dirigeants européens finiraient par accepter un contrôle américain du Groenland, qu’il présente comme bénéfique à la fois pour l’Europe, les États-Unis et le territoire lui-même. Il a toutefois indiqué ne pas avoir récemment discuté avec le président de l’éventualité d’un recours aux pouvoirs d’urgence pour justifier l’usage de la force, une hypothèse dénoncée par plusieurs élus.

Le sénateur républicain Rand Paul, président de la commission sénatoriale de la sécurité intérieure, a jugé « ridicule » toute idée d’urgence au Groenland. Il a mis en garde contre une utilisation abusive des pouvoirs d’exception et s’est dit opposé à une escalade susceptible d’entraîner les États-Unis dans une confrontation inutile avec leurs alliés.

L’opposition dépasse les clivages partisans. Le sénateur démocrate Tim Kaine a évoqué la possibilité de résolutions visant à limiter la capacité du président à recourir à la force ou à contester l’usage des droits de douane. À la Chambre des représentants, le républicain Mike Turner a averti que cette stratégie tarifaire risquait de fragiliser les relations avec les alliés de l’OTAN.

D’autres élus ont mis en avant les ressources naturelles du Groenland comme motivation centrale de l’intérêt américain. Le sénateur républicain Ted Cruz a cité les richesses minières et la position stratégique du territoire comme des « avantages économiques majeurs ». À l’inverse, le démocrate Chris Van Hollen a accusé Donald Trump de masquer ces intérêts économiques derrière un argument de sécurité nationale qu’il juge fallacieux.

Ces déclarations alimentent les tensions transatlantiques déjà vives autour du Groenland, alors que l’Union européenne dénonce un chantage et prépare des contre-mesures commerciales. Elles soulignent aussi les divisions internes aux États-Unis sur la manière d’aborder une question aux implications géopolitiques et diplomatiques majeures.

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