En Tchéquie, le président Pavel dénonce des coupes budgétaires « injustifiables » dans la défense
En Tchéquie, le président Pavel dénonce des coupes budgétaires « injustifiables » dans la défense

Le président tchèque Petr Pavel a vivement critiqué lundi la décision du gouvernement de réduire les dépenses consacrées à la défense dans le budget 2026, estimant qu’une telle orientation est « injustifiable » dans le contexte actuel de tensions sécuritaires en Europe. Cette prise de position renforce les critiques déjà adressées au plan budgétaire du Premier ministre Andrej Babis.

Le gouvernement dirigé par le parti populiste ANO de Babis, arrivé au pouvoir en décembre, a récemment fait adopter une version révisée du budget pour 2026. Celui-ci prévoit de ramener les dépenses du ministère de la Défense à 154,8 milliards de couronnes tchèques, soit environ 7,28 milliards de dollars, ce qui représente 1,73 % du produit intérieur brut.

Ce niveau est inférieur à celui proposé par le gouvernement précédent et reste en dessous de l’objectif de 2 % du PIB fixé par l’OTAN pour les dépenses militaires de ses membres. La question est particulièrement sensible pour Prague, membre de l’Alliance atlantique et proche allié des États-Unis.

Les autorités gouvernementales affirment néanmoins que les dépenses globales liées à la défense atteignent près de 2,1 % du PIB. Cependant, l’organisme tchèque de surveillance budgétaire a contesté ce calcul, estimant qu’il inclut des projets d’infrastructures, comme des travaux routiers, qui ne répondraient pas aux critères définis par l’OTAN.

Petr Pavel, ancien haut responsable militaire de l’OTAN, a exprimé ses critiques lors d’une réunion avec la ministre des Finances Alena Schillerova. Selon un communiqué de la présidence, le chef de l’État considère qu’une stagnation ou une diminution des dépenses militaires est inappropriée face à l’évolution des menaces sécuritaires.

« D’après le président, il n’est pas justifiable que les dépenses de défense stagnent, voire diminuent, à l’heure où les menaces sécuritaires s’aggravent », indique le communiqué officiel. Le débat sur les priorités budgétaires devrait continuer à alimenter les tensions politiques à Prague dans les mois à venir.

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