Longtemps considérés comme de simples dépôts minéraux liés à un déséquilibre chimique de l’urine, les calculs rénaux les plus fréquents pourraient en réalité abriter… de la vie. Une équipe de chercheurs américains a mis en évidence, à l’intérieur de calculs d’oxalate de calcium, la présence de bactéries vivantes, organisées en couches et parfois protégées par des biofilms, au cœur même de la structure cristalline.
Un mécanisme biologique soupçonné dans la formation
Cette observation bouleverse l’idée dominante selon laquelle ces calculs se formeraient uniquement par des phénomènes physiques et chimiques. Les scientifiques avancent l’hypothèse que ces micro-organismes pourraient participer activement à la croissance des cristaux, voire intervenir dès les premières étapes de leur formation, en jouant un rôle dans la « nucléation » qui initie la pierre.
Les chercheurs évoquent aussi une possible explication à un phénomène fréquent en urologie : la récidive. En se réfugiant dans les calculs, les bactéries pourraient échapper aux traitements, persister durablement, puis recoloniser les voies urinaires, favorisant de nouvelles infections et la reformation de calculs chez certains patients.
Cette découverte ouvre désormais la voie à des approches thérapeutiques inédites, notamment des traitements ciblant l’environnement microbien des calculs, y compris par des méthodes non antibiotiques. Un enjeu majeur pour une pathologie très répandue, qui touche environ une personne sur onze au cours de sa vie.