Des réfugiés soudanais livrés à eux-mêmes nourrissent d’autres déplacés à la frontière tchadienne
Des réfugiés soudanais livrés à eux-mêmes nourrissent d’autres déplacés à la frontière tchadienne

Dans un camp de transit établi à la frontière entre le Tchad et le Soudan, des familles soudanaises ayant fui les violences tentent de survivre avec des ressources dérisoires. Faute d’aide humanitaire suffisante, ce sont souvent les réfugiés eux-mêmes qui nourrissent d’autres déplacés, dans un contexte de détresse extrême et d’insécurité persistante.

Parmi eux, Najwa Isa Adam, arrivée en octobre après avoir quitté al-Fashir, distribue des bols de pâtes et de viande à des enfants orphelins. Elle raconte avoir été retenue captive par des membres des Forces de soutien rapide, qui l’auraient agressée alors qu’elle tentait de s’échapper des affrontements. Secourue par un passant, elle a rejoint la frontière pour chercher un refuge qu’elle peine encore à trouver.

Le HCR, qui gère le camp, fait face à un manque aigu de financement en raison des réductions de l’aide internationale, notamment américaine. Les responsables humanitaires soulignent que ce déficit limite fortement la capacité d’apporter une réponse adaptée au flux continu d’arrivants, dont beaucoup sont blessés, traumatisés ou séparés de leur famille.

Les réfugiés dénoncent l’insuffisance de la distribution alimentaire, souvent réduite à un repas par jour. De nombreux témoignages indiquent que des familles partagent ce qu’elles ont pu économiser durant leur fuite, créant un réseau de solidarité spontanée mais insuffisant face aux besoins croissants.

Les autorités locales et les organisations humanitaires alertent sur la dégradation rapide de la situation sanitaire, aggravée par le manque d’eau potable, la promiscuité et les températures extrêmes. Des cas de malnutrition commencent déjà à être signalés parmi les enfants les plus jeunes.

L’accès humanitaire reste limité par l’insécurité à l’intérieur du Soudan, où les combats pour le contrôle des grandes villes entraînent de nouveaux déplacements massifs. À la frontière, les travailleurs humanitaires décrivent une crise silencieuse dans laquelle les réfugiés n’ont souvent pour seule ressource que l’aide qu’ils parviennent à s’offrir entre eux, dans l’attente d’un soutien international plus conséquent.

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